En 10 ans le secteur tertiaire a créé 56 000 emplois. Pourtant, force est de constater que le taux de chômage demeure largement supérieur à la moyenne nationale, puisqu’il est à Lille de 16,2% et à Roubaix de 20,9%. Deux principales raisons peuvent expliquer cette situation. D’une part, si l’essor du tertiaire a été important, à contrario, le déclin industriel de la métropole lilloise s’est poursuivi et même accéléré en partie à causes des délocalisations. Les ASSEDIC y ont recensé 35 000 emplois industriels en moins en 13 ans. Le taux d’emploi industriel représente aujourd’hui 17% des salariés du privé dans la métropole. Il est de 21% dans le grand Lyon et 24% à l’échelle nationale. Si pendant un temps les créations d’emplois dans le tertiaire ont, d’une certaine manière, compensé les suppressions dans le secteur industriel, aujourd’hui ce n’est plus aussi évident. Ainsi, Lille et sa métropole ont enregistré en 2005 un solde d’emploi négatif préoccupant. D’autre part,
les créations d’emplois dans le secteur des services ne bénéficient pas naturellement aux salariés licenciés des industries.
La mutation de la structure économique est importante. A la place de l’industrie se substitue une structure de PMI-PME dominée par les nouvelles technologies et les services aux entreprises et aux personnes. Des salariés extérieurs à la région répondent à ces offres d’emploi souvent très qualifiés. Ainsi, nous assistons à une situation nouvelle : si avant les entreprises locales, et notamment l’industrie, faisaient appel à des salariés de la métropole lilloise et à leur savoir-faire, aujourd’hui les PMI et PME ne puisent que peu dans le réservoir d’emploi local. Dans les quartiers populaires, le taux de chômage dépasse fréquemment les 30 %.
Il faut donc réaliser un effort bien plus important en terme de formation et de reconversion des salariés. Cela passe par la création d’un dispositif de sécurisation des parcours professionnels.
Mais au-delà de cet aspect, n’est ce pas sur l’ensemble de la stratégie qu’il faut s’interroger ? En effet, en délaissant l’industrie, la métropole devient fort dépendante du secteur tertiaire, tissu économique composé de PME-PMI. Pourtant les grands groupes industriels gardent une grande importance stratégique, aussi bien en termes de stabilité économique qu’en terme de création de richesses, sans parler du fait qu’ils contribuent fortement à la taxe professionnelle.
