Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

15 avril 2015

Saisonniers : ne pas oublier ceux qui font de la France la première destination touristique du monde !

Dans cette tribune, Michelle Demessine expose des mesures à prendre pour lutter contre la précarité des salariés.

Tout le monde aurait à gagner à l’amélioration des conditions de travail des saisonniers. Ce n’est pas seulement une priorité sociale mais aussi une priorité économique.

En effet, c’est une grande partie du territoire qui serait un désert économique et social sans la vitalité de ces salariés qui offrent leur disponibilité et leurs compétences. Bien souvent, ils permettent de valoriser le patrimoine de nos régions et de préserver nombre de nos savoir-faire traditionnels.

Mais, si leur image est souvent celle d’un jeune recherchant une expérience professionnelle, un tremplin vers un emploi plus stable, aujourd’hui, nous en sommes loin. La précarisation de la société a fait évoluer la « physionomie » du saisonnier. Dorénavant, sont saisonniers non seulement des jeunes souhaitant financer leurs études ou, tout simplement, subvenir à leurs besoins, mais aussi des retraités, poussés par la nécessité de compléter leurs pensions, des seniors licenciés juste avant la retraite ou encore des femmes exclues du marché de l’emploi.

Et devant la fièvre libérale qui gagne depuis une dizaine d’année notre pays, le risque est donc que le contrat saisonnier soit le siphon qui entrainera tous les autres contrats vers le bas.

C’est pourquoi, la clause de reconduction des contrats de travail devrait se généraliser à l’instar de ce que propose la convention collective du tourisme social et familial. Elle permettrait de libérer les saisonniers de l’angoisse de retrouver leur poste d’une année sur l’autre. D’autre part, les contraintes de saisonnalité qui pèsent sur les professionnels du tourisme nécessitent d’apporter des réponses nouvelles en articulant par exemple temps d’activité et temps de formation ou à l’échelle des territoires de mettre en œuvre des plateformes d’accompagnement comme IPM en Rhône-Alpes ou la mise en œuvre de groupement d’employeurs.

La clause de reconduction et ces expérimentations novatrices sont des mesures de progrès social qui trouvent un certain écho politique et pour lesquelles je continue à m’engager pleinement.

Mais si les saisonniers ont des conditions de travail particulières, il ne faut non plus occulter leurs conditions de vie souvent difficiles.

Le développement des transports collectifs destiné aux salariés, l’extension des maisons des saisonnalités, de meilleurs solutions de logement pour eux ou encore un meilleur accès à une couverture santé apparaît donc plus que jamais nécessaire.

Notre si beau pays est la première destination touristique du monde. Pour renforcer cet atout économique, il s’agirait de ne pas oublier que c’est aussi grâce aux 900 000 saisonniers qui travaillent souvent dans l’ombre !



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