Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

1er juin 2010

Quand le gouvernement déserte la politique sportive

Jeudi 20 mai, à l’appel de la CGT, du SNPE FSU et de FO, les professionnels des activités physiques et sportives ont manifesté devant le Secrétariat d’Etat aux Sports. Face à la désertion de l’Etat dans le domaine du Sport, les motifs de revendication sont nombreux et la naissance d’une politique sportive ambitieuse apparait plus que jamais nécessaire.

Le Président de la République avait promis, lors de la campagne présidentielle de porter à 3 % du budget de l’Etat l’argent consacré au Sport. Trois ans plus tard, cette promesse a un goût plus qu’amer quand on sait que la part du budget qui lui est consacré est à ce jour de l’ordre de 0,2%.

Toutes les structures qui assurent la pérennité d’une politique sportive dans le pays ont été fragilisées. Au niveau de l’Etat : il n’y a plus de ministère des sports à part entière mais le sport est relégué à un ministère de tutelle, le Secrétariat d’Etat aux sports. Au niveau régional et départemental, les directions de la jeunesse des sports qui sont les services déconcentrés de l’Etat dans ce domaine ont été, dans de nombreux départements, disloqués dans une direction départementale de la cohésion sociale. Et enfin, 12 Centres régionaux d’Education populaire et sportive sur 24 ont été supprimés.

Quant aux professeurs d’EPS, ils souffrent tout particulièrement de la Révision Générale des Politiques Publiques : deux sur trois ne sont pas remplacés, encore pire que dans l’ensemble de la fonction publique où c’est le cas d’un emploi sur deux.

Quant à la réforme des collectivités territoriales et surtout l’assèchement de leurs ressources par la suppression de la taxe professionnelle, elle prive les collectivités locales des moyens pour continuer de jouer un rôle essentiel dans l’investissement des équipements publics pour la pratique physique et sportive. Les objectifs du gouvernement sont à peine voilés : transférer les pratiques sportives du public vers le privé.

En tant qu’adjointe aux sports à la mairie de Lille et Vice-Présidente de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU) chargées des équipements sportifs et de la politique du sport de haut niveau comme en tant que parlementaire, je ne peux me résigner à un tel désengagement de l’Etat dans un domaine si prépondérant pour la cohésion sociale de notre pays. Outre m’y opposer, je suis porteuse, avec le Parti Communiste, de nombreuses propositions pour y remédier.

Nous devons assurer une solidarité financière solide et durable entre le sport amateur et le sport professionnel. Une aide directe aux pratiquants les plus démunis doit être développée et une solidarité financière solide et durable entre le sport amateur et le sport professionnel doit être assurée. Enfin, le coût de la pratique sportive doit être indexé sur le revenu familial pour qu’il ne soit plus un frein à la pratique du sport. Telles sont nos propositions et le chemin que nous devons emprunter pour rendre le sport toujours plus accessible à tous !



Augmenter la taille des caractères Diminuer la taille des caractères