Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

3 mai 2017

Tirage au sort : un pas de plus vers la sélection à l’entrée à l’Université

A quelques jours de la fin du quinquennat, le Gouvernement vient de publier une circulaire entérinant le tirage au sort pour l’entrée en licence. Après la légalisation de la sélection à l’entrée en master, le Gouvernement officialise une pratique que le Secrétaire d’Etat à l’E.S.R. affirmait vouloir pourtant « faire disparaître » !

Cette circulaire est un dernier camouflet adressé à la communauté universitaire, après cinq années où le réinvestissement budgétaire ne s’est fait qu’à la marge et en totale inadéquation avec l’arrivée massive de nouveaux étudiants, dont 40 000 inscriptions supplémentaires attendues pour la rentrée prochaine. La dépense moyenne par étudiant à l’université, qui atteignait 12 054 euros en 2009, ne s’établit plus aujourd’hui qu’à 10 800 euros.

Le refus d’augmenter suffisamment les capacités d’accueil conduit au final à valider une pratique dénoncée par la communauté universitaire et qui risque bien de faire le lit des partisans de la sélection à l’entrée à l’Université ; sélection proposée dans les programmes d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, sur la base de « prérequis » pour le premier et « au mérite » pour la seconde.

Cette décision est aussi en totale contradiction avec la Stratégie Nationale pour l’Enseignement Supérieur, validée par le Gouvernement, qui préconise un réinvestissement massif à hauteur de 2 % du PIB, et une sortie des dépenses d’enseignement supérieur du calcul des déficits publics dans le cadre de la règle des 3 %. Deux dispositions que Michelle Demessine, ainsi que les Sénatrices et Sénateurs du groupe Communiste, Républicain et Citoyen, avait portées au Sénat, le 11 janvier dernier, lors de l’examen de la proposition de résolution européenne qui n’a pas été adoptée, faute de majorité. Or, c’est bien en donnant à l’Université les moyens d’accueillir et de faire réussir tous les étudiants que nous pourrons atteindre l’objectif d’une réelle démocratisation de l’enseignement supérieur, répondant au défi d’élévation des connaissances.



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