Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

17 novembre 2015

Suite aux attentats : la fin de l’austérité ?

Les policiers, les soldats, les pompiers et les personnels des hôpitaux, en un mot, les agents des services publics ont fait face à l’urgence ces derniers jours. Nous les saluons. Aujourd’hui, au Sénat, lors des questions d’actualité, Cécile Cukierman a pu interroger le Premier Ministre pour savoir si il ne fallait pas mettre fin à l’austérité pour ces secteurs mais aussi pour les services publics de l’éducation ou de la culture qui ont un rôle essentiel à jouer.

Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Mes chers collègues,

Avant toute chose, je tiens à faire part de toute mon émotion après les terribles attaques terroristes.

La France est en deuil. Le peuple tout entier est solidaire de tous ceux qui aujourd’hui souffrent dans leur corps ou dans leur cœur.

Le Président de la République a annoncé hier un certain nombre de mesures dont l’instauration d’un pacte de sécurité.

Il a proposé dans ce cadre la création de 8500 postes supplémentaires dans les domaines de la sécurité, de la justice et des douanes. Il a annoncé le maintien des effectifs de l’armée jusqu’en 2019.

Nos concitoyennes et concitoyens exigent en effet que leur sécurité soit assurée face aux actes de guerre terroriste.

Ils veulent vivre en paix.

M. François Hollande a eu cette phrase à mon sens d’une grande portée : « Je considère que le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité ».

Aussi, pour la première fois, est-il reconnu, ce que pour ma part avec mes collègues, j’affirme depuis 2012, le diktat budgétaire est contestable.

Il est affirmé clairement que le maintien, le renforcement des services publics exigent de sortir des contraintes d’austérité imposées par Bruxelles.

Il n’est plus question de montrer du doigt les fonctionnaires. Depuis vendredi, ce sont les services publics et leurs agents (policiers, soldats, pompiers, personnels des hôpitaux et des collectivités territoriales) qui font face à l’urgence, qui font vivre les valeurs de solidarité et de fraternité.

M. le Premier Ministre, confirmez-vous devant le Sénat que cet effort budgétaire ne se fera pas au détriment d’autres budgets déjà réduits ?

Enfin, chacun sait que le terreau sur lequel se développe la radicalisation dans notre pays, est celui d’une crise sociale, culturelle profonde.

Les services publics de l’éducation, de la culture, du sport, l’aide aux associations doivent jouer un rôle essentiel. Or, leurs moyens sont en baisse.

Allez-vous desserrer l’austérité de ces secteurs clé pour que demain et après-demain, les fractures de notre société s’estompent ?



Augmenter la taille des caractères Diminuer la taille des caractères