Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

29 octobre 2015

Service public des retraites : "une déshumanisation en marche"

Dans une question d’actualité au Sénat, Michelle Demessine interpelle Marisol Touraine et pointe du doigt la "déshumanisation en marche" de notre service public des retraites.

Ma question s’adresse à Madame la Ministre de la santé et des affaires sociales.

Cette semaine, la presse nationale s’est fait l’écho de la situation de futurs retraités touchés par les retards de versement de pension.

Le Président de la Cnav minimise en parlant seulement de 3 à 4% des dossiers soit 23700 personnes pour 2015.

Je connais cette situation. Depuis 2013, les retraités de la région Nord Pas de Calais Picardie, en font la douloureuse expérience.

Les dysfonctionnements de notre service public des retraites sont pourtant connus : surcroit des dossiers certes, mais aussi les effets du tout informatique et ses corollaires la diminution des effectifs et les fermetures des accueils et autres permanences dans les territoires.

Une deshumanisation en marche.

Bien sur, il ne s’agit pas de refuser le progrès mais, dans le social, l’humain, je crois, restera toujours une valeur à préserver.

Pour mettre fin à ces situations de retards, vous avez Madame la Ministre, après avoir cependant tardé, fait publier un décret le 19 aout instaurant un droit opposable. Mais … ce n’est pas un droit pour tout le monde.

Il y a des exclus du dispositif : tous les autres régimes spéciaux qui subissent aussi des retards et surtout les pensions de réversion qui ne sont pas dans ce décret.

Cela touche essentiellement des veuves qui ont de faibles ressources et dont la réversion est souvent le seul revenu.

Pour ces femmes, le scandale de la Carsat continue ! Que comptez-vous faire pour elles ?

Madame la Ministre, nos services publics sociaux et pas seulement celui de la CARSAT, c’est aussi le cas des CAF, explosent avec la montée en charge des problèmes sociaux et les conséquences des réformes successives pour faires des économies de gestion.

Les personnels sont en première ligne, c’est très dur, ils n‘en peuvent plus.

Cette pression génère des agressivités quand ce ne sont pas des agressions dont ni les usagers ni les personnels ne sont responsable mais dont ils sont victimes.

Nous discutons en ce moment du projet de loi de la Sécurité Sociale. Or la Convention d’Objectif et de Gestion 2014-2017 prévoit encore la suppression de 9 000 emplois dans l’ensemble des organismes sociaux. Depuis 2009, pour la branche retraite, 1600 postes ont été supprimés soit moins 13% des effectifs.

Madame la Ministre, que comptez-vous faire pour que nos services publics sociaux, si précieux en cette période, retrouvent leurs lettres de noblesse ?



Augmenter la taille des caractères Diminuer la taille des caractères