Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

22 janvier 2014

La droite veut rompre le principe d’égalité devant l’école

Une proposition de loi de l’UMP accordant aux maires la liberté de choix dans l’organisation des rythmes scolaires était débattue hier soir au Sénat.

Si la réforme des rythmes n’est pas exempte de critiques, la droite fait ici preuve d’opportunisme électoral, alors même que c’est elle qui en 2008 a supprimé le samedi, sans aucune concertation, et réduit ainsi de 3 heures le temps d’enseignement.

En accordant aux maires le choix de l’organisation du temps scolaire, l’UMP poursuit son projet de dénationalisation du service public d’éducation. Les inégalités territoriales, déjà amplifiées par la précédente majorité, n’en sortiraient que renforcées alors même que la réforme devrait avoir pour but de favoriser la réussite de tous les élèves.

Pour autant, la question des rythmes scolaires mérite d’être posée. La réforme cristallise des inquiétudes et un mécontentement que nous partageons.

Mise en œuvre avec une insuffisante concertation, de manière précipitée et en l’absence de compensation financière pérenne pour les collectivités, cette réforme ouvre la porte à un accroissement des inégalités. Les activités périscolaires proposées dépendent des moyens de chaque commune, alors même que leurs dotations budgétaires sont fortement et durablement réduites par l’actuel gouvernement.

De plus, cette réforme ne s’accompagne pas d’une transformation pédagogique capable de mettre en œuvre le principe « du tous capables » inscrit dans la loi de refondation de l’école, ce qui hypothèque grandement son objectif de réduction de l’échec scolaire.

J’ai donc voté donc contre cette proposition de loi qui va à l’encontre du principe d’égalité devant le service public de l’éducation, et souhaite que le débat sur les rythmes soit rouvert afin que cette réforme puisse enfin répondre à l’objectif de démocratisation scolaire que nous portons.



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