Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

16 septembre 2010

Notre sang n’est pas une marchandise

Devant le projet du Laboratoire français de Fraction et des Biotechnologies d’acquérir des sociétés autrichiennes qui achètent le plasma humain, Michelle Demessine interpelle Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports.

Madame la Ministre,

Les associations sont attachées au caractère anonyme, volontaire, bénévole et non marchand du don du sang. Pourtant, l’intention du Laboratoire français de Fractionnement et des Biotechnologies (LFB) d’acquérir trois sociétés, qui collectent le plasma humain contre rémunération en Autriche et en République Tchèque, menace de briser le modèle français d’un don éthique.

Déjà, lors de la transformation, en 2005, du LFB en Société Anomyme, avec mon groupe parlementaire au Sénat, nous avions dénoncé une marche vers son rachat potentiel par des opérateurs privés. Nous nous y étions opposés car nous savons dans quelle mesure un basculement vers le secteur privé entrainerait un risque sanitaire majeur pour ceux qui donnent leur sang. Les principales victimes seraient les plus pauvres de nos concitoyens attirés par cet argent facilement gagnable, quitte à vendre abusivement leur sang et à mettre leur santé en péril.

La seule prise en considération de données économiques ne saurait guider la réalisation de tels projets d’acquisitions tant immoraux que contraire au principe constitutionnel de non commercialité du corps humain déterminée par la charte universelle des droits de l’homme.

Je m’interroge donc sur ce qui a amené les représentants des Ministères de la Santé, de l’Economie et des Finances, et de la Recherche, présents au Conseil d’Administration du Groupe LFB SA, à donner leur aval à une telle décision.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de ma haute considération.

Michelle DEMESSINE, sénatrice du Nord



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