Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

30 juin 2011

Michelle Demessine invitée de la semaine du journal l’Humanité, jeudi : l’école laïque et gratuite en danger

Michelle Demessine est toute cette semaine, l’invitée de la semaine de "l’Humanité" dans une chronique que vous retrouverez dans les colonnes du Journal. Jeudi, elle traite de 1500 classes formées en septembre et de l’attaque par la base de l’école laïque et gratuite.

J’évoquais mardi les dangers de la réforme des collectivités territoriales pour notre administration locale et pour les services publics. Nous en voyons les premiers effets sur le plan financier : la suppression de la taxe professionnelle au profit de taxe complexes et le gel des dotations de l’Etat jusqu’en 2014 qui s’apparentent à une mise sous tutelle des collectivités. Un comble, alors qu’elles assurent plus de 70% de l’investissement public. Au nom de la Révision Générale des Politiques Publiques, le gouvernement sabre les emplois de fonctionnaires et les services publics de proximité afférents : hôpitaux, tribunaux, dessertes ferroviaires, bureaux de poste.

En septembre, 1500 classes seront fermées au mépris de la charte sur les services publics en milieu rural qui oblige en principe le rectorat à avertir les maires deux ans à l’avance. La décision de ne plus compter les enfants de moins de trois ans dans les effectifs des classes maternelles est plus pernicieuse encore puisqu’elle entraîne à la fois des fermetures de classes, un report de la demande vers les crèches et une inégalité d’accès des citoyens devant les services. Comme l’Etat prive les communes des moyens financiers nécessaires à la création de structures municipales, ce sont les crèches privées qui finiront par capter « le marché » de la petite enfance si rien n’est fait. Les écoles privées sont les autres grandes bénéficiaires de cette mesure, puisque, contrairement à l’école publique, elles peuvent ouvrir très facilement des classes hors contrat qu’elles remplissent sans peine malgré la forte participation financière demandée aux parents.

Dans le Pas-de-Calais par exemple, une école privée catholique qui s’était vue notifier la fermeture de sa classe de tout-petits a décidé d’ouvrir une classe hors contrat en remplacement dès la rentrée prochaine. Une autre a choisi de créer une telle classe « pour rendre service aux parents ». Il y a fort à parier que d’autres établissements vont s’engouffrer dans la brèche. C’est donc bien la privatisation de l’enseignement qui est enclenché pendant que la laïcité et la gratuité de l’école sont menacées.



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