Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

6 septembre 2011

La sénatrice demande au ministre de renoncer à la fermeture de la maison d’arrêt de Dunkerque

Après avoir rencontré une délégation de la CGT pénitentiaire d’agents de la Maison d’arrêt de Dunkerque, Michelle Demessine écrit au ministre de la Justice pour s’opposer la fermeture de l’établissemnt, prévue en 2016.

Monsieur le Ministre,

Je souhaite attirer votre attention sur les inquiétudes des personnels de la prison de Dunkerque, face à la décision prise sans concertation, de fermeture de leur établissement prévue pour 2016 au profit d’une fusion avec celle de Béthune dans un grand ensemble pénitentiaire à Saint Venant

L’incompréhension est totale de la part de l’ensemble des professionnels, des élus, car la restructuration des tribunaux a amené une concentration des affaires sur le littoral et l’une des priorités de la loi pénitentiaire est de renforcer les structures de proximité par le lien famille-détenu.

La suppression d’établissements comme celui de Dunkerque n’obéit pas à cet objectif d’autant qu’à l’origine de la fermeture, un projet de reconstruction avait été confirmé dans le programme pénitentiaire immobilier sur l’agglomération dunkerquoise, abandonné à ce jour alors que la nécessité d’un établissement à taille humaine est prouvée et est possible à proximité de Dunkerque.

Pour les 50 agents de la maison d’arrêt de Dunkerque pour la plupart issus de la ville, cette prochaine délocalisation de leurs lieux de travail aurait un impact brutal sur leur vie privée et professionnelle.

Par ailleurs, alors que nous avons de plus en plus besoin d’une justice de proximité pour permettre la réinsertion des détenus et éviter la récidive, la réduction du nombre de visites de leurs familles et l’amoindrissement de la proximité des surveillants avec les détenus que la création d’une telle structure va engendrer risque de créer un climat propice à la recrudescence des violences au sein de ce nouvel établissement pénitentiaire.

Enfin, cette décision va éloigner les prévenus du Tribunal de Dunkerque et du Service pénitentiaire d’insertion et de probation de Dunkerque. En éloignant les prévenus des travailleurs sociaux et des avocats qui sont à leurs côtés, c’est au bout du chemin les questions de sécurité qui risqueraient d’être négligées et le bon fonctionnement du service public de la justice dans le département du Nord qui serait mis en jeu.

C’est pourquoi, je vous demande de revenir sur cette décision de fermeture sèche et de reprendre la réflexion qui avait été mise en place en vue d’un nouvel équipement pénitentiaire à taille humaine proche de Dunkerque.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma haute considération.

Michelle DEMESSINE, Sénatrice du Nord



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