Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

18 octobre 2016

Interpellation du Premier Ministre sur la disparition progressive du service public de proximité dans la région

Alors que des lieux d’accueils de la CAF, de la Carsat, de l’URSAFF, de Pôle Emploi, de la CPAM ou encore du Trésor Public ne cessent de fermer dans la région, ces dernières années, Michelle Demessine dénonce auprès du Premier Ministre, par une question écrite, une logique de disparition progressive du service public de proximité dans la région Hauts-De-France.

Michelle Demessine attire l’attention du Premier Ministre sur la disparition progressive du service public de proximité dans la région Hauts-de-France.

En effet, au nom de la révolution numérique, des milliers d’emplois sont supprimés dans les services publics de la région pour reporter grâce aux outils informatiques une partie du travail des agents sur les usagers, en leur imposant de faire leur démarche eux même, à partir de bornes ou de télé-déclarations.

Au nom de la baisse des dépenses publiques, cette politique dite de dématérialisation se conjugue, dans notre région, avec de fortes suppressions de lieux d’accueil, des fusions d’établissement ou des fermetures de permanences.

A la CPAM du Nord, par exemple, dix antennes ont fermé, en juin dernier, dont celles de Seclin, Orchies, Somain, Thumeries, Saint André et Somain.

Depuis 2010, il n’y a plus que 6 CPAM en Nord Pas de Calais contre 13 auparavant. A la CARSAT Nord-Picardie, 110 points d’accueil ont été supprimés et seuls 35 points devraient rouvrir.

Dans les Centres des Impôts, 35 000 emplois ont été supprimés sur le territoire national, en 10 ans, dont 1 100 dans le Nord. Et trois trésoreries restent toujours instamment menacées de fermeture à La Madeleine, Lambersart et Raismes.

Tout cela crée un sentiment d’éloignement des usagers vis-à-vis des services publics qui ont plus en plus l’impression que les services publics ressemblent à un mur.

La situation semble même explosive dans plusieurs agences où la colère et parfois la violence chez les usagers ne cessent de croître face à des agents du service public en proie au désespoir de ne pas avoir les moyens humains suffisants pour pouvoir faire correctement leur travail.

Dans notre région qui fait face à une précarité supérieure à la moyenne nationale, les organismes sociaux sont davantage sollicités et les citoyens sont moins aguerris aux outils informatiques quand ils n’en sont pas tout simplement démunis.

C’est tout le sens d’un récent rapport du Défenseur des droits qui pointait du doigt que 16% des habitants de notre pays n’ont pas accès à internet et que 20% de ceux qui y ont accès maitrise mal l’outil informatique.

Pour mettre fin à une déshumanisation rampante des services publics dans notre région, elle lui demande donc de bien considérer tout particulièrement la région Haut de France pour que les différentes Conventions d’Objectifs et de Gestion (COG) qui seront redéfinies en 2017 y apportent des services publics plus humains, plus nombreux et toujours plus efficaces.



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