Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

4 octobre 2011

Education Nationale : la politique que nous voulons !

Michelle écrit au Président de la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves sur la politique éducative du gouvernement et les suppressions de postes en cours dans l’Education Nationale

Monsieur le Président,

La rentrée scolaire 2011, s’avère très difficile dans les écoles, les collèges et les lycées par la suppression de 16 000 nouveaux postes dans le pays tandis qu’on dénombre environ 87 000 élèves de plus que l’année dernière.

Cette situation contraint, les enseignants et les équipes éducatives à « gérer » la pénurie inacceptable organisée par le gouvernement depuis 2007 et ainsi à diminuer l’attention portée à chaque élève.

Je crois tout au contraire qu’il faut mettre l’école au service de l’émancipation individuelle et collective, parce que tous les élèves sont capables de progresser et de réussir à condition que l’école, et donc l’Etat, leur en donnent les moyens.

Pour cela, l’école doit, tout d’abord, changer pour prendre en compte les enfants avec leurs différences. D’où l’importance de la formation des enseignants pour comprendre ce qui fait problème aux élèves et élaborer des réponses efficaces.

L’école doit aussi être basée sur la nécessité d’instaurer les mêmes programmes pour tous, à l’opposé de l’instauration du socle commun qui pousse l’école à renoncer à enseigner des savoirs de haut niveau à tous les enfants. Tous les élèves ont pourtant le droit de développer le pouvoir de penser par l’appropriation de savoirs ambitieux. Les programmes doivent être repensés pour que l’école construise et transmette une culture commune.

Pour enseigner des savoirs plus complexes à plus d’enfants, je considère aussi qu’il faut aussi un temps d’apprentissage plus long. Ainsi l’Etat doit rendre obligatoire l’accueil de tous les enfants à l’école, de 3 à 18 ans, dans de bonnes conditions.

Enfin, seul un service public national peut garantir l’égalité d’accès à l’éducation sur tout le territoire. Plutôt qu’une autonomie qui met les établissements et les territoires en concurrence, une nouvelle sectorisation scolaire doit voir le jour avec plus de moyens pour les établissements qui en ont le plus besoin et un plan de recrutement de personnel enseignant et non-enseignant sous statut de la fonction publique d’État.

A l’occasion de l’examen de la loi de finances pour l’année 2012, nous ne manquerons, avec mes collègues du groupe des sénateurs communistes, d’affirmer l’ensemble de ces positions pour nous opposer avec force au démantèlement organisé de l’Education Nationale par le gouvernement.

Michelle Demessine, sénatrice du Nord



Augmenter la taille des caractères Diminuer la taille des caractères