Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

28 janvier 2015

CARSAT Nord-Picardie : peut être la fin d’un long cauchemar

Je prends acte des mesures annoncées, ce jour, par la direction de la CARSAT Nord-Picardie qui devraient permettre, d’ici fin mars, à des milliers de retraités de toucher enfin leurs pensions après d’interminables mois d’attente.

Ces mesures, si elles sont suivies d’effets rapidement, devraient amener un traitement en urgence des dossiers en retard comme je l’avais demandé lors de mon entretien, le 18 décembre dernier, avec Monsieur Michel Yahiel, conseiller social du Président de la République, en compagnie des représentants des grandes associations caritatives.

Nous avions eu alors l’occasion de dénoncer les graves dysfonctionnements et le manque de personnels à la CARSAT Nord-Picardie. Nous lui avions aussi fait part de la détresse de ces retraités qui, comble de l’injustice, sont pour certains contraints de recourir aux associations caritatives après avoir pourtant cotisé toute leur vie pour leurs retraites.

Il a donc été décidé la mise en place d’une mesure exceptionnelle de liquidation provisoire pour mettre fin à cette insupportable situation.

Néanmoins, il faut tirer toutes les leçons de cet épisode scandaleux et révoltant afin que cette situation ne puisse plus se reproduire. Or, même si la situation se résorbe, tous les problèmes de fond de ce dysfonctionnement ne sont pas réglés pour que les CARSAT restent un service public de proximité accessible à tous.

Force est de constater que la stratégie d’économies, au nom de l’austérité, prévues par les dernières lois de financement de la sécurité sociale ont, pour conséquence, un retrait important de l’accueil physique des usagers avec la fermeture de nombreuses agences et de permanences dans les collectivités ; au profit de contacts virtuels par voie informatique face auxquels les retraités sont souvent démunis.

Je rappelle qu’il y a, à la Carsat Nord-Picardie, 211 suppressions de postes en 2014 et 2015 pour seulement 27 recrutements prévus. Au risque de voir la situation se répéter indéfiniment, il faudrait selon les organisations syndicales y recruter 100 agents. C’est le seul moyen de mettre un terme aux conditions de travail catastrophiques de ses agents qui font face au mécontentement légitime des futurs retraités.

Enfin, afin de faire respecter la dignité de milliers de retraités qui n’ont pas pu subvenir à leurs besoins pendant plusieurs mois, j’en appelle à la compréhension et à la responsabilité sociale : des banques des bailleurs sociaux, des fournisseurs d’électricité et de gaz et, de tous les organismes envers qui ces retraités sont dans l’impossibilité momentanée d’honorer leurs factures.



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