Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

5 novembre 2014

Alstom : Non, notre sécurité n’est pas à vendre !

Alstom est un fleuron industriel de notre pays, illustration de l’ingéniosité française, entreprise clé de notre industrie nucléaire mais aussi ferroviaire. Comment prétendre alors en autorisant la vente des activités énergétiques de cette entreprise que les intérêts de l’Etat, la pérennité de la filière nucléaire et la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de la France seront préservés ?

Pourtant, aujourd’hui Monsieur Macron, malgré un décret pris au printemps permettant au gouvernement d’opposer son veto en cas de visées étrangères sur des entreprises stratégiques françaises, a autorisé le rachat de l’essentiel des activités énergétiques d’Alstom, qui représentent 70% du chiffre d’affaires de ce groupe par General Electric dirigé en France par l’ultralibérale Madame Clara Gaymard.

Cette vente n’est rien de moins que le renoncement de la Nation à un savoir faire aujourd’hui reconnu dans le monde entier, le renoncement à une transition énergétique maitrisée et contrôlée par l’Etat tant les secteurs de l’énergie et du transport sont imbriqués.

C’est offrir sur un plateau aux Etats-Unis - qui ont accusé un net retard - via General Electrique notre avance technologique en la matière. Ce bradage est inique alors que cette réussite industrielle a été permise grâce à de l’argent public, c’est-à-dire grâce à nos concitoyens, grâce au soutien de l’Etat en matière de recherche- développement mais aussi aux politiques d’indépendance énergétique et d’aménagement du territoire qui caractérisent notre pays depuis l’après guerre.

Cette décision est irresponsable : irrationnelle pour le présent quant à l’utilisation de l’argent public et un choix stratégique lamentable pour le futur tant en terme décisionnel qu’en termes de maintien voire de création d’emplois.



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