Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

20 juin 2013 - Enseignement supérieur et recherche

Absence de véritable rupture

Alors que s’est ouvert hier l’examen par le Sénat du projet de loi sur l’enseignement supérieur et recherche, force est de constater qu’il n’opère pas les ruptures nécessaires avec la LRU de 2007 et le Pacte de recherche de 2006 qui ont profondément déstructuré l’enseignement supérieur et la recherche.

Ce système n’a pourtant contribué qu’à la mise en concurrence des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche, organisés en grand pôles d’excellence, à un renforcement des partenariats public-privé et à un accroissement des inégalités territoriales.

Loin de répondre aux défis d’élévation et d’accès aux savoirs, ce projet de loi s’inscrit au contraire dans la poursuite d’une vision utilitariste de l’enseignement supérieur et de la recherche au service de l’économie que nous ne partageons pas. Cela aboutit à privilégier la recherche appliquée au détriment de la recherche fondamentale et des sciences humaines et sociales.

La territorialisation, dont l’acte majeur réside dans le projet de loi décentralisation, y est à l’œuvre, mettant à mal la cohérence nationale tout en approfondissant la mise en concurrence des potentiels de formation et de recherche régionaux.

Enfin, l’enseignement supérieur et la recherche auraient dû bénéficier d’une véritable loi de programmation des moyens et des emplois. Cela aurait dû être la priorité, alors que de nombreuses universités sont en déficit et qu’une grande précarité s’installe : 30 à 35% de précaires dans l’enseignement supérieur et la recherche, contre 17% en moyenne dans le reste de la fonction publique, soit un total de 50 000 précaires.

L’argument du manque de moyens dans un contexte de crise économique ne tient pas quand le Crédit Impôt recherche et les Investissements d’avenir qui coûtent plusieurs milliards d’euros sont maintenus malgré leur inefficacité et leur nocivité.

Nous ne partageons pas ces choix politiques. Il est de notre responsabilité de donner aux jeunes générations les moyens de réussir, la possibilité d’appréhender des savoirs de plus en plus complexes par un enseignement supérieur et une recherche de qualité.

Pour toutes ces raisons, le groupe Communiste Républicain Citoyen votera contre ce texte.



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