Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

18 janvier 2013

Voeux pour la nouvelle année à Béthencourt, commune rurale du Cambrésis

Jeudi 17 janvier, Michelle Demessine et Eric Bocquet faisaient leur voeux à Bethencourt, commune de 800 habitants du Cambrésis. Voici l’intervention de Michelle Demessine à cette occasion

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Tout d’abord, meilleurs vœux pour l’année 2013, pour vous, votre famille, tous ceux qui vous sont chers.

Je commencerai par remercier Monsieur le Maire de Béthencourt, Paul Souply, de nous accueillir ici, dans sa commune, pour cette cérémonie de vœux que nous avons à cœur d’organiser, chaque année, un peu partout dans notre circonscription qu’est le Département du Nord.

Etre accessibles à tous, même dans les plus petites communes, c’est notre feuille de route, à Eric et à moi-même, c’est la promesse que nous avons faite aux Elus au début de notre mandat et nous nous y tenons car, pour nous, Elu est synonyme de richesse, de contacts et plein d’enseignement pour l’exercice de notre mandat.

Alors, merci Cher Paul Souply de l’avoir accepté.

Merci aux agents de la commune et merci à nos collaboratrices et collaborateurs pour leur contribution à l’organisation de notre cérémonie.

Je salue tous les Elus, Maires, Conseillers Municipaux, Responsables d’associations, présents ce soir, qui ont bravé le froid et les routes difficiles pour passer ensemble ce moment traditionnel auquel nous sommes tous attachés.

Le moment des vœux est toujours un temps pour souhaiter que s’installe durablement la paix dans le monde sans laquelle rien n’est possible.

Nous aurions pu nous féliciter qu’après 10 ans de guerre, les troupes militaires occidentales se retirent de l’Afghanistan ; nous réjouir que nos soldats français rejoignent leurs casernes françaises et leur famille.

La réalité de l’instabilité du monde, de l’Afrique encore marquée par les stigmates de la colonisation, s’est imposée à nouveau dans le premier jour de cette année nouvelle.

Le Président du Mali a appelé à l’aide la France, selon l’article 51 de la Charte des Nations Unies qui le prévoit, pour repousser l’offensive des groupes armés djihadistes sous le contrôle d’AQMI et d’Al Quaïda, qui étaient en train de prendre le contrôle de la totalité du territoire malien, faisant régner partout la terreur, appliquant la charia et menaçant ainsi tous les pays voisins.

Hier après-midi, le Gouvernement a réuni le Parlement pour l’informer et débattre de cette situation aux conséquences lourdes et graves. Notre Groupe, comme l’ensemble des groupes parlementaires, a soutenu la décision du Président de la République d’aider militairement l’armée malienne à repousser l’avancée de ces groupes dont l’idéologie porte à instaurer des régimes despotiques d’une rare violence, en particulier à l’égard des femmes.

Mais, nous avons aussi réaffirmer que nous souhaitions que la France ne reste pas seule à intervenir et que la force d’intervention des pays africains de la CEDEAO, décidée par les Nations Unies dans sa résolution 2085, soit mise en place le plus vite possible.

Nous avons aussi rappelé que ce conflit, le drame malien, était un signal de plus à l’urgence du développement. L’Afrique possède toutes les richesses naturelles, humaines pour se développer et il faudrait pour cela que cesse le pillage des matières premières et des compétences intellectuelles.

L’an dernier, notre cérémonie des vœux se tenait à Hordain, dans le Valenciennois, au moment même où des inquiétudes lourdes se faisaient sentir à Sevelnord. L’avenir de l’usine automobile était sérieusement menacé. Une grande mobilisation des syndicats, des Elus de tous bords, initiée par Alain Bocquet dans le cadre de son comité de vigilance, a permis de faire entendre la voix de ce territoire et, aujourd’hui, le groupe PSA s’est engagé dans des investissements et des choix qui préservent les emplois. C’est pour aller dans ce sens que nous soutenons, avec Eric, la campagne « Notre Cambrésis mérite d’être soutenu », lancée depuis l’été dernier par mon ami, Alexandre Basquin et les Communistes du Cambrésis, pour alerter sur la situation du Cambrésis.

Votre arrondissement souffre particulièrement et les incertitudes non levées sur le projet de canal Seine-Nord, les difficultés de reconversion de la base aérienne 103, la liquidation du site Doux de Graincourt-Lez-Havrincourt auxquels s’ajoute la disparition de services publics comme la Banque de France ou des services de la CAF et de la Caisse Primaire, ne font que confirmer, comme certains le disent, un sentiment d’abandon et d’isolement.

Mais, vous avez décidé de relever la tête et de faire entendre votre voix. Cet appel a reçu des soutiens très larges puisque 25 Maires, 4 Parlementaires, 7 Conseillers Généraux, 2 Conseillers Régionaux y ont répondu.

5 000 signatures de citoyens ont été recueillies.

« Le Cambrésis veut vivre ! », tel est le message à faire passer auprès des pouvoirs publics.

Avec Eric, nous avons sollicité un rendez-vous auprès du Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, pour recevoir une délégation d’Elus porteuse de cette revendication. Nous venons d’avoir une réponse nous demandant de prendre contact avec le Conseiller de son Cabinet pour organiser ce RDV.

Un mot, avant de passer la parole à Eric, pour revenir sur l’année 2012 et les Etats Généraux de la Démocratie Territoriale organisés par le Sénat et qui ont connu, comme vous le savez, un grand succès de participation.

Il faut dire que les attentes étaient fortes et que beaucoup avaient gardé un goût très amer de la réforme Sarkozy, au pas de charge et sans consultation des Elus.

On peut dire que jamais les Elus n’avaient été appelés, à ce point, à donner leur avis sur un sujet qui, pourtant, les concerne en premier lieu.

Je rappelle :

  • 20 000 réponses au questionnaire,
  • La réunion départementale, à Lille : plus de 250 Elus,
  • Et, enfin, les 1 000 Elus à la Sorbonne.

Sans aller dans le détail, les grandes aspirations :

  • un attachement aux 3 niveaux : Département, Région, Commune,
  • le maintien de la compétence générale,
  • un statut de l’élu : 89 %
  • moins de normes empilées,
  • oui à l’intercommunalité mais choisie (mais la commune doit rester le pilier de la démocratie locale)
  • et surtout des moyens financiers à la hauteur des besoins des populations

L’année 2013 s’annonce comme une année déterminante pour les choix concernant les collectivités puisque des textes importants seront débattus.

En ce moment : . la réforme des modes de scrutin des conseillers départementaux et des conseillers municipaux, . le périmètre des cantons et la parité, . la proportionnelle étendue au-delà des 3 500 habitants . 2 textes sénatoriaux : sur le statut de l’Elu et la réforme contre l’inflation des normes et puis, surtout, l’Acte III de la décentralisation, annoncé pour le mois de mars.

Dans chacun de ces débats parlementaires, nous serons attentifs et déterminés à faire respecter les attentes et les préoccupations exprimées lors de ces états généraux et, notamment, à ne pas laisser s’inscrire des déséquilibres nouveaux entre les zones urbaines et les zones rurales, fidèles à notre conviction que notre pays tire sa force et sa richesse de ces 36 000 communes, grandes et petites, véritable creuset de notre démocratie issue des grandes heures de notre longue histoire, et qui nous est envié dans le monde entier.

Voilà, chers amis, ces quelques mots, en vous réitérant mes vœux pour l’année 2013.



Augmenter la taille des caractères Diminuer la taille des caractères