Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

28 juin 2011

Michelle Demessine invitée de la semaine du journal l’Humanité, mardi : les sénatoriales.

Michelle Demessine est toute cette semaine, l’invitée de la semaine de "l’Humanité" dans une chronique que vous retrouverez dans les colonnes du Journal. Mardi, elle traite des élection sénatoriales de septembre prochain.

Martine Aubry entre à son tour dans le jeu de la Présidentielle, un rendez-vous crucial pour chacun d’entre nous. Pour autant, la focalisation des feux médiatiques sur le 22 avril 2012 ne doit pas nous faire minimiser les autres rendez-vous électoraux, à savoir les législatives et bien plus près de nous encore, les élections sénatoriales. Le 25 septembre prochain, dans moins de trois mois, le Sénat sera renouvelé pour moitié, avec pour la première fois une réelle chance d’alternance. L’enjeu est capital.

D’abord parce qu’avec un Sénat à gauche, il sera plus difficile d’imposer aux Français les réformes dont ils ne veulent pas ; je pense à la révision constitutionnelle nécessaire pour acter le Pacte pour l’Euro et la main mise des technocrates européens sur les politiques nationales. Je pense également à la réforme des collectivités territoriales adoptée de justesse au Sénat en décembre.

Avec mes amis Sénateurs communistes, je continue à combattre cette réforme, parce qu’elle porte en germe le démantèlement de notre administration locale et des services publics et engendre un recul la démocratie en éloignant un peu plus les citoyens des lieux de décisions. Les schémas départementaux de coopération intercommunale imaginés par les Préfets et actuellement présentés aux conseils municipaux pour avis, en sont les premières traductions.

Dans le Nord, le représentant de l’Etat ambitionne de réduire le nombre des intercommunalités de 48 à 18, au mépris des besoins des populations et des territoires. De toute part, et notamment des communes rurales, j’entends le mécontentement monter. Ce qui conduit bon nombre de candidats de droite à se proclamer « porte-parole des petits maires ». Ne nous leurrons pas : ce sont les mêmes qui, depuis 2007 au Sénat, votent sans broncher toutes les réformes du gouvernement et ils continueront à le faire sitôt les sénatoriales passées.

A l’inverse, nous avons toujours prôné une intercommunalité choisie où la solidarité entre les territoires est au cœur des projets politiques. Le 25 septembre, le vote des élus locaux peut exprimer un refus net du mouvement en cours et ouvrir la voie à une autre réforme.



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