Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

29 juin 2011

Michelle Demessine invitée de la semaine du journal l’Humanité, mercredi : la politique étrangère que nous voulons.

Michelle Demessine est toute cette semaine, l’invitée de la semaine de "l’Humanité" dans une chronique que vous retrouverez dans les colonnes du Journal. Mercredi, elle traite de la résolution politique des conflits qui doit être mise au coeur de la politique étrangère de notre pays.

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, je suis indignée de voir comme la France a perdu de sa crédibilité, de son rayonnement et de sa singularité politique aux yeux du monde par un alignement systématique sur les Etats Unis que la réintégration de notre pays dans l’Otan est venue graver dans le marbre, en mars 2009.

Plutôt que de rester les yeux rivés vers les Etats-Unis, j’estime, au contraire qu’il est nécessaire que notre pays regarde en face le monde multipolaire qui est en train de naître et se tourne vers de nouvelles puissances comme la Chine, l’Inde ou le Brésil afin de s’engager notamment pour que soient ouvertes à ces deux derniers les portes du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette organisation internationale est un formidable cadre potentiel pour le règlement politique, multilatéral et négocié des conflits à condition qu’elle opère les réformes démocratiques qui s’imposent et qu’elle s’engage avec force dans la démilitarisation des relations internationales.

Loin d’être un chemin qui nous détournerait de la sécurité internationale, la démilitarisation permettrait, au contraire, une réduction de menaces militaires. La France y a d’ailleurs une part de responsabilité en tant que 4ème exportateur d’armes classiques au profit d’une industrie d’armement militaire fleurissante qui nourrit les conflits du monde entier et dont le chiffre d’affaires est passé de 6,6 milliards de dollars en 2008 à 10 milliards en 2010. Je ressens tout particulièrement, au sein de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, cette priorité donnée par le pouvoir en place aux questions militaires tant elles accaparent notre temps et prennent le pas sur les questions de politique étrangère.

C’est pourquoi, avec mes collègues sénateurs communistes et du Parti de gauche, à contre-pied, nous ne cessons de plaider pour que notre pays porte haut et fort un message de résolution politique des conflits auquel Nicolas Sarkozy a mis du plomb dans l’aile avec l’engagement récent de nos forces militaires en Lybie et en Côte d’Ivoire.



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