Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

13 octobre 2014

Lettre à Laurent Fabius contre l’agression des kurdes de Kobané par l’Etat islamique

A Kobané, à la frontière turque au nord de la Syrie, les populations kurdes tentent de se défendre face à l’Etat islamique. Mais le gouvernement turc refuse d’intervenir et réprime même dans la violence toutes les manifestations qui protestent contre cette inertie. Michel Billout et Michelle Demessine , membres de la Commission des affaires étrangères du Sénat, ont écrit à Laurent Fabius pour demander la protection des habitants de Kobané.

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons attirer votre attention sur la dramatique situation que subissent les populations kurdes de la ville syrienne de Kobané qui résistent farouchement depuis un mois aux attaques de l’organisation dite de « l’Etat islamique » contre leur ville.

Dans le même temps, le gouvernement turc a jusqu’à présent décidé de ne pas intervenir pour porter secours à cette population martyre. Il ferme sa frontière, interdit désormais tout passage de volontaires pour prêter main-forte aux assiégés, et rend impossible toute fourniture d’armes à ceux qui défendent non seulement leur ville, mais aussi leur mode de vie et leur identité. En outre, en réponse aux manifestations de colère qui ont lieu en Turquie contre cette passivité, ce gouvernement exerce une violente répression qui a déjà fait vingt deux morts et des dizaines de blessés.

Il n’est pas concevable de laisser massacrer les habitants de Kobané par les bandes armées de « l’Etat islamique » faute d’une réaction appropriée de la coalition internationale, dont la Turquie fait partie, qui a été formée pour les combattre.

Nous vous demandons donc, monsieur le ministre, de prendre d’urgence toutes les initiatives diplomatiques nécessaires pour que les membres de cette coalition examinent avec la Turquie les solutions à mettre en oeuvre pour stopper l’avance des djihadistes en Syrie, sauver les habitants de Kobané et apporter l’aide humanitaire indispensable aux populations des deux côtés de la frontière entre la Syrie et la Turquie.

Nous vous prions de croire, monsieur le ministre, à l’assurance de toute notre considération.



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