Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

15 février 2017

Le Sénat accueille une délégation de toutes les forces parlementaires turques…sauf le HDP

Ce mardi 14 février 2017, une délégation de cinq députés de la Grande Assemblée nationale de Turquie était accueillie au Sénat sur l’invitation du groupe d’amitié interparlementaire France-Turquie.

Michelle Demessine, avec les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste, Républicain et Citoyen, a fait le choix de ne pas participer à cette initiative, pour contester la composition même de cette délégation.

En effet, alors que la délégation se voulait pluraliste, force est de constater que la 3ème force politique et parlementaire turque, le HDP, n’était représentée par personne. Ainsi, seuls étaient présents trois députés du parti majoritaire proche de M. Erdogan, l’AKP, un député du CMP (1er parti d’opposition, kémaliste) et un député du MHP (plus petite formation politique représentée au Parlement turc, nationaliste).

Michelle Demessine, avec les sénatrices et sénateurs du groupe CRC du Sénat, ne peut que regretter le message politique véhiculé par la Haute Assemblée en organisant cette rencontre. Dans un contexte de mise en place d’un régime autoritaire en Turquie sur fond de purges des opposants et de réforme constitutionnelle donnant de nombreux pouvoirs au Président turc, l’initiative sénatoriale conforte M. Erdogan dans sa politique de répression du parti HDP après avoir fait lever l’immunité parlementaire de cinquante parlementaires du HDP sur aucune base légale en mai 2016, emprisonner neuf d’entre eux en novembre et interdire l’accès au siège du HDP à Ankara depuis décembre.

Michelle Demessine réitère son soutien aux membres du HDP, attaqués par le gouvernement turc pour ses prises de positions émancipatrices, et réitère la demande, faite avec les sénatrices et sénateurs du groupe CRC, d’un accueil officiel des dirigeants du HDP au Sénat. Plus largement, elle invite le Parlement et la Diplomatie française à prendre clairement position et à rappeler leur attachement à la Démocratie. La volonté de M. Erdogan de concentrer les pouvoirs et d’imposer le silence à ses opposants met aujourd’hui en péril ces valeurs, en témoigne le traitement infligé au HDP et l’ensemble des mesures prises pour « régler la question kurde », comme le disait M. Erdogan dans le Monde du 8 août dernier.



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