Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

7 décembre 2012

Florange : Pierre Laurent demande au Premier Ministre une nationalisation

Jeudi 6 décembre, Pierre Laurent, sénateur de Paris et Secrétaire National du PCF a interpellé le Premier Ministre en lui demandant "d’examiner la voie de la nationalisation"

Depuis hier, vous vous acharnez à défendre l’accord passé entre votre gouvernement et Mittal au nom d’un seul argument : vous sauvez l’emploi. Vous ne parvenez pas à convaincre : en effet comment garantir l’emploi si l’avenir industriel de Florange, lui, ne l’est pas ?

Déjà, l’arrêt des hauts fourneaux de Florange prive la région de son poumon économique et menace de destruction de centaines d’emplois directs, indirects et intérimaires. Mais surtout, alors qu’hier encore à l’Assemblée Nationale vous déclariez avoir obtenue la reprise du projet Ulcos, Mittal vient de donner le coup de grâce à Florange en retirant la candidature du site de l’appel d’offre européen.

Monsieur Mittal n’a jamais renoncé à son plan de dépeçage de l’industrie sidérurgique, notamment de sa filière chaude en Europe. Le groupe Arcelor-Mittal profite des aides publiques en organisant les pertes de rentabilité des sites pour les fragiliser afin de justifier leur fermeture.

Il y a donc deux visions radicalement différentes en présence : d’un côté, celle de Mittal qui organise le déclin de l’industrie en cherchant à préserver ses intérêts financiers ; de l’autre côté, celle avancée par les syndicalistes, de nombreux élus du territoire lorrain, mais aussi du rapport « Faure » commandé par votre gouvernement qui préconise des investissements importants sur le site, dans le cadre d’une « option nationale » pour la sidérurgie.

Pourquoi avez-vous enterré ce rapport officiel ?

Monsieur le premier ministre, entre ces deux visions, vous devez choisir. Laisser la main à Mittal, c’est tourner le dos aux salariés, au projet Ulcos, à l’intérêt de la France. Si vous choisissez l’intérêt national, ce que je vous demande, vous devez rouvrir le dossier. Les prétendus engagements de Mittal, qu’il a déjà trahis en quelques heures, ne peuvent en aucun cas mettre un point final au dossier de Florange.

J’ai donc trois questions à vous poser :

1-Quelle garantie pouvez-vous donner pour un engagement rapide et financé du projet Ulcos ?

2-le gouvernement s’engage-t-il à rouvrir sans délai le dossier de l’avenir industriel du site de Florange et plus largement des sites d’Arcelor-Mittal en France, y compris en examinant la voie de la nationalisation ?

3-Vous avez annoncé la mise en place d’un comité de suivi. Etes-vous prêt, en ouvrant sa composition à une représentation pluraliste des élus locaux et des parlementaires, à élargir sa mission pour construire les solutions industrielles d’avenir qui font toujours défaut ?



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