Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

16 juin 2011

Côte d’Ivoire : Michelle Demessine interpelle Alain Juppé

Michelle Demessine interpelle Monsieur Alain Juppé, Ministre des affaires étrangères et européennes sur la situation en Côte d’Ivoire.

Monsieur le Ministre d’Etat,

L’arrestation de Laurent Gbagbo, le 11 avril dernier, par les Forces Républicaines de Cote d’Ivoire avec l’appui de l’Onuci et de la Force Licorne a mis un terme à la crise politique ivoirienne, près de 4 mois après un scrutin à l’issu duquel deux présidents de la République ont été reconnus à la tête de l’Etat ivoirien, l’un par la communauté internationale et l’autre par le Conseil Constitutionnel ivoirien.

Mais, depuis lors, malgré le silence médiatique sur la situation dans ce pays, la fin de cette crise politique n’a pour autant pas signer l’arrêt du cycle de violences qui continue à sévir en Côte d’Ivoire et à ruiner tout espoir d’y rétablir une paix durable et une démocratie véritable.

Dans la dispute du pouvoir entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, 3 000 personnes sont mortes, entre novembre 2010 et avril 2011, lors d’affrontements entre les Forces de Sécurité de Laurent Gbagbo et les Forces Républicaines de Cote d’Ivoire d’Alassane Ouattara, forces toutes deux coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Et il semble, à présent, que les partisans d’Alassane Ouattara se livrent, en guise de représailles, à des attaques sanglantes contre les soutiens réels ou supposés de Laurent Gbagbo.

Selon l’ONG Human Right Watch, 149 partisans de Laurent Gbagbo, à Abidjan, ont, ainsi été arbitrairement arrêtés, torturés et exécutés par le pouvoir ivoirien. Dans la région de Duékoué, des massacres sur des critères ethniques sont même perpétrés à l’encontre des Guérés, une ethnie supposée soutenir Laurent Gbagbo tandis que, dans le même temps, les déplacés contraints à fuir cette région se comptent par milliers.

Alors que plus de 10 000 soldats de l’Onuci sont en Côte d’Ivoire et que la force française Licorne compte plus d’un millier de soldats, je vous prie, donc, de bien vouloir m’indiquer, monsieur le Ministre d’Etat, quelles mesures vous entendez prendre pour, en vertu de la résolution 1975 des Nations Unies et dans le respect de l’intérêt, de la sécurité et de la souveraineté de l’ensemble du peuple ivoirien, permettre la protection des populations civiles de ce pays quelles que soient leur ethnie ou leur appartenance politique.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma haute considération.

Michelle DEMESSINE, Sénatrice du Nord



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