Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

6 mai 2010

Après l’échec de Copenhague, des propositions phares pour l’environnement ressortent de la conférence internationale de Cochabamba organisée par Evo Morales, le président bolivien

En tant que présidente déléguée du groupe d’amitié parlementaire bolivien, je suis particulièrement attentive à l’activité de la Bolivie et de son président, Evo Morales. Après l’hypermédiatisation, en décembre dernier, du sommet de Copenhague qui n’a débouché sur rien de concret, la conférence internationale Cochabamba réunissant près de 25 000 délégués de 142 pays à travers le globe est restée sous silence médiatique.

Deux propositions phares en sont ressorties : la création d’un tribunal international de justice climatique et environnemental, et la tenue d’un référendum mondial sur le climat. Evo Morales avait déjà formulé ces deux propositions au sommet de Copenhague mais sans que les grands de ce monde n’y prêtent attention.

Du 20 au 22 avril, à Cochabamba, dans son pays, il a, donc, organisé une « conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre mère ». Ce sommet vise à donner le coup d’envoi d’un mouvement international qui doit permettre aux peuples de s’approprier la défense de l’environnement.

L’établissement d’un tribunal international de justice climatique et environnemental, à l’image de la Cour International de Justice, viserait à juger pays, entités ou personnes aggravant le réchauffement ou détruisant l’environnement. A l’heure où se déversent près de 5000 barils par jour à la mer aux larges des côtes de Louisiane pour cause d’une défaillance d’une plateforme de British Petroleum, cette proposition permettrait de sanctionner « ceux qui détruisent la Terre mère » selon les termes du texte adopté à Cochabamba.

Par ailleurs, à l’issu de ce sommet les signataires ont appelé à un référendum mondial sur le climat grâce à des consultations populaires organisées à l’échelle nationale par les gouvernements intéressés ou les syndicats et les ONG. Les propositions qui seraient soumises aux peuples concerneraient : le transfert des dépenses de guerre vers la défense de la planète, l’abandon du modèle capitaliste et la limitation de la hausse des températures à 1 degré d’ici à la fin du siècle. Evo Morales vise comme objectif que, d’ici avril 2011, 2 milliards d’individus pourront participer à ce type de référendum.

La défense de l’environnement ne peut se faire en s’imposant par la contrainte aux peuples. Ils doivent être au cœur de la solution à un problème dont ils sont les victimes et qui est l’un des grands combats du XXIème siècle.



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