Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

12 septembre 2012

Allons vers la démilitarisation de la politique étrangère de l’UE !

A l’issue de la première réunion de la Conférence Interparlementaire chargé d’un suivi effectif et régulier sur la politique étrangère et de défense de l’Union Européenne, les représentants des différents partis composant le Parti de la Gauche Européenne, dont Michelle Demessine pour le PCF, exigent une politique étrangère de défense et de sécurité démilitarisée.

Lors de la réunion constitutive de la « Conférence Interparlementaire pour la Politique étrangère et de Sécurité commune (PESC) et la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) » qui s’est tenue les 9 et 10 Septembre, à Paphos(Chypre), les parlementaires du Parti de la Gauche Européenne de France, d’Allemagne, de Grèce et de Chypre et du Parlement Européen, ont exigé une alternative à l’actuelle orientation de la politique étrangère et de Sécurité de l’Union Européenne et un processus réellement démocratique dans la constitution de la Conférence.

Les documents concernant le fonctionnement de la Conférence Interparlementaire ne furent pas intégralement discutés par la majorité des groupes parlementaires des différents Parlement ce qui est en contradiction avec la nécessité de contrôler la politique étrangère et de sécurité.

Dans ce contexte et après l’intervention de Madame Ashton, Haute Représentante de l’Union aux Affaires étrangères et à la Politique de sécurité, ils ont exigé dans leurs diverses interventions une politique de sécurité alternative, démilitarisée et autonome vis-à-vis des Etats-Unis et de l’Otan, pour mieux servir les peuples des Etats membres de l’Union Européenne.

Ils ont défendu, rappelé et souligné la nécessité de baser les politiques européennes sur la loi internationale et sur la Chartes des Nations Unis, en évitant toute intervention militaire aux effets similaires à ceux produits en Irak, en Afghanistan ou en Lybie et qui ont ajouté à l’insécurité et la militarisation allant à l’encontre des intérêts des civils, tout comme l’approche à double sens de la protection et de la mise en place des droits de l’homme.

Dans cette optique, les ressources récupérées de la démilitarisation doivent être réorientées pour contribuer à éradiquer la famine inacceptable qui tuent chaque jour 70 000 personnes dont la moitié sont des enfants âgés de 1 à 5 ans alors que dans le même temps 4 milliards de dollars sont dépensés dans un but militaire. Ces ressources devraient alternativement être utilisées pour créer les conditions économique et sociales à l’établissement d’un environnement sur et propice à la prospérité, avec les mêmes chances pour tous d’accéder à l’emploi, dans le respect des libertés civiles.

En ce qui concerne la situation en Syrie, les parlementaires ont réitérés leur opposition à une intervention militaire. Ils ont exprimé leurs préoccupations à propos de la situation des réfugiés et des flux migratoires qui pourraient atteindre deux millions de personnes. Ils ont indiqué que l’Union Européenne devait prendre en charge les réfugiés dans un esprit de solidarité et ne pas abandonner à leur propre sort les pays vers lesquels affluent les réfugiés.

Ils ont aussi insisté sur l’urgente nécessité de la reconnaissance d’un Etat Palestinien viable et indépendant, ce qui est un élément décisif pour permettre d’instaurer la paix au Moyen Orient. Ils ont aussi souligné que l’Union Européenne doit se conformer à ses propres règles et exiger d’Israël le respect des droits du peuple palestinien avant de procéder à un quelconque renforcement des relations entre Israël et l’Union Européenne.

Les Européens doivent défendre des principes et des valeurs autres que celles de l’interventionnisme et du militarisme ; la sécurité des peuples et les perspectives d’un monde en paix, peuvent seulement voir le jour si les acteurs régionaux et internationaux se concentrent sur l’élimination des causes des différents conflits et crises qui saccagent notre monde.

Sevim Dagdelen (Die Linke, Allemagne), Michelle Demessine (PCF, France) Aristos Damianou (Akel, Chypre), Rena Dourou (Syrisa, Grèce), Willy Meyer (GUE, député européeen)



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