Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

13 décembre 2010 - Energie

Les consommateurs paient la facture de la privatisation !

La France a connu ces dernières semaines des vagues de froid avec des températures allant jusqu’à moins 20 degrés Celsius. Cette année, l’hiver est précoce et s’annonce encore plus rude que celui de l’an dernier. Alors que les effets de la facture énergétique de l’année écoulée pèsent sur leur pouvoir d’achat, les Français vont subir de plein fouet les augmentations des tarifs de l’électricité et du gaz. Pour les plus démunis la situation est dramatique. Le froid aggrave de manière insupportable les conditions de vie de près de 4 millions de personnes touchées par la précarité énergétique. Les « classes moyennes » sont également durement frappées.

La hausse des tarifs énergétiques n’est pas une fatalité mais le résultat mécanique des politiques menées par la droite ces dernières années. Par la loi NOME, le gouvernement a fait le choix de financer les opérateurs privés au détriment d’EDF, ce qui ne manquera pas d’entraîner une forte hausse des tarifs de l’électricité. Après la hausse de 3 à 5% en août, une hausse de 3% en janvier a été confirmée par Bercy, augmentation à laquelle il faudra rajouter celle de la " contribution au service public de l’électricité" (CSPE).

Les tarifs du gaz ont connu par ailleurs une augmentation de 9,7% en avril, et de 4,7% en juillet dernier et de plus de 50% depuis la privatisation. Augmentations non justifiées si n’est pour satisfaire les appétits des actionnaires du groupe GDF-Suez. L’alourdissement de la facture énergétique est la conséquence directe de la privatisation de GDF. La déclaration de Luc Chatel le 11 décembre dernier qui renvoie à avril une répercussion de la baisse des prix du pétrole sur le prix du gaz est inacceptable, alors que l’Etat premier actionnaire pourrait jouer son rôle de régulateur au nom de l’intérêt général. Le Gouvernement n’empêche pas la hausse, il l’organise.

C’est pourquoi, les sénateurs du groupe CRC-SPG demandent à MM. Sarkozy et Fillon de prendre des mesures immédiates et d’ampleur : la baisse des tarifs du gaz, un moratoire sur les tarifs de l’électricité et l’interdiction pendant la trêve hivernale de l’ensemble des coupures de fourniture énergétique.



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