Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

2 février 2009

Le Conseil municipal de Lille vote une motion : "Pour une paix juste et durable entre Israël et Palestine"

Intervention de Michelle Demessine, présidente du Groupe Communiste de la mairie de Lille, le 2 février 2009 lors du Conseil Municipal.


Quelques mots,

pour me féliciter du principe de la motion de notre conseil municipal, pour dire que nous la voterons, et que je souhaite ajouter des aspects auxquels nous tenons particulièrement. Grâce à la mission internationale, les armes se sont provisoirement tues et les bombes se sont arrêtées de pleuvoir sur la bande de Gaza. C’est, enfin, un répit pour ses habitants, même s’il est illusoire de penser que la vie peut reprendre son cours normal sur un champ de ruines et après tant de morts. C’est la 7ème guerre que supporte le peuple palestinien du fait de l’absence, il faut bien le dire, de règlement politique de la question Palestinienne. Les USA, l’Europe, la France, la communauté internationale portent une lourde responsabilité, nous tenons à le rappeler.

Les dégâts liés à l’agression israélienne d’une violence jamais vue, ont renforcé une situation humanitaire intolérable dans la bande de Gaza. Sa population est privée de tout : eau potable, électricité, soins, médicaments, vivres... La situation sanitaire est insoutenable alors même que, déjà avant l’offensive, les ONG déploraient un état catastrophique du fait du blocus qui dure depuis un an et demi déjà. Aujourd’hui, après l’offensive, beaucoup d’équipements publics, d’infrastructures et d’habitations sont en grande partie détruits. On évoque le chiffre de millions de dollars de dégâts. Il faut d’urgence un plan international d’aide humanitaire et de reconstruction de Gaza, de même que l’on doit lever le blocus économique, ce véritable piège, sous lequel le peuple de Gaza étouffe depuis des mois.



Les dégâts liés à l'agression israélienne d'une violence jamais vue, ont renforcé une situation humanitaire intolérable dans la bande de Gaza.
Les dégâts liés à l’agression israélienne d’une violence jamais vue, ont renforcé une situation humanitaire intolérable dans la bande de Gaza.

Sur plus de 1300 morts, 85% sont des civils, dont 410 enfants. Pour une population d’un million et demi d’habitants, on compte plus de 5000 blessés. 1890 sont des enfants. Parallèlement, 25 000 maisons ont été détruites, faisant 100 000 sans logis. Des hôpitaux, des écoles ont été bombardés ; pour la première fois, des armes interdites, comme des bombes au phosphore, ont été utilisées dans des zones urbaines... De grandes organisations internationales, telle Amnesty international, parlent de crime de guerre selon l’article 8 du Statut de la Cour pénale internationale. Un collectif d’entre elles a d’ailleurs porté plainte contre Israël auprès de cette Cour Pénale Internationale.

Pour notre part, devant un tel déchaînement de violences disproportionnées, nous estimons que le gouvernement français, que l’Europe doivent agir pour que des sanctions soient prises à l’égard d’Israël, que l’accord d’association, Union Européenne/Israël, doit être suspendu tant qu’Israël ne respectera pas les résolutions de l’ONU, comme l’avait demandé, sans effet, d’ailleurs, le Parlement européen il y a déjà quelques années.

Le cessez-le-feu reste fragile. L’armée israélienne contrôle les points de passages, maintient le blocus et interdit encore la libre circulation des personnes. Les canons bombardent les bateaux de pêche qui sortent des ports. En face, les tirs de roquettes du Hamas reprennent malheureusement. La paix n’est pas encore là et Israël n’exclue aucune nouvelle intervention. C’est pourquoi, devant cette situation si fragile, il faut de toute urgence qu’une force multinationale de protection et de sécurisation soit déployée sous l’égide de l’ONU.

Après 22 jours terribles qui ont terrifié le monde, une évidence s’impose à tous : l’intervention israélienne n’a rien réglé. Elle a plutôt tout aggravé ! Elle n’a réglé ni la sécurité d’Israël, encore moins l’avenir de la Palestine. La sécurité, nous le savons tous, ne peut se construire que dans la justice et le respect du droit. Nous le répétons, la France, l’Europe et la Communauté internationale doivent peser pour une voie politique pour une paix juste, pour le respect des nombreuses résolutions de l’ONU qu’Israël bafoue. C’est pourquoi, il faut une Conférence internationale pour décider d’un processus politique pour un Etat palestinien indépendant dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, à côté de l’Etat d’Israël.

Je le disais à l’instant, le cessez-le feu est fragile. L’heure est donc, à l’instar de la motion du Conseil Municipal de notre ville, à la poursuite de la mobilisation et de la solidarité. Je voudrais, à ce sujet, en profiter pour saluer, particulièrement, le sérieux et l’esprit de responsabilité des organisateurs des mobilisations qui ont eu lieu dans notre ville et qui a permis – on ne le dit pas assez – de venir à bout des dérives et débordements inacceptables qui mettaient en danger nos valeurs républicaines et qui nuisaient au nécessaire rassemblement de tous les citoyens épris de paix dans notre ville.


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