Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

20 février 2007

Sublistatic, exemple concret des conséquences des LBO

Un LBO est une opération de rachat d’entreprise de type spéculative dont l’unique objectif vise à dégager une rentabilité financière extrême puis à revendre la société avec une forte plus-value à de nouveaux spéculateurs.

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SUBLISTATIC, EXEMPLE CONCRET DES CONSEQUENCES DES L.B.O

Ancienne filiale prospère de la lainière de Roubaix, la société Sublistatic d’Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-calais, subit une première LBO en 1991, montée par les quatre dirigeants de l’entreprise.

Ceux-ci réalisent de juteux profits dans la vente de l’entreprise au fond Capital Partners en 1994, toujours sous forme de LBO.

L’entreprise multiplie par deux sa production en 2002. En fin d’année, une nouvelle LBO est réalisée : c’est le fond Acland Capital qui rachète.

Point commun des trois rachats : pas de projet industriel à long terme, investissement minimum et gros dividendes.

De 350 salariés, les effectifs tombent à 223. Une cinquantaine d’intérimaires sont embauchés, puis écartés. Après avoir réalisé 14 millions d’euros de bénéfices depuis 2002, le puissant groupe immobilier Acland met l’entreprise en liquidation pourtant le carnet de commandes est plein.

Les 223 salariés sont limogés, ils récoltent une indemnité misérable au regard de leur 30 ans de service, pour nombre d’entre eux. Mais les salariés refusent de partir. Ils occupent l’usine. Les fermetures d’usine et autres licenciements étant légion dans les environs, ils s’organisent avec d’autres entreprises en lutte.

Une marche a été organisée avec les salariés de Faurecia et Energy plast, qui totalisent plus de 450 emplois menacés. Avec Sublistatic, c’est 700 licenciements, rien que pour la commune d’Hénin-Beaumont. Des anciens de Métal-Europe (le site est à moins de 5 km) sont également venus apporter leur soutien. Le 16 janvier, ce sont les travailleurs de Québécor qui se sont déplacés à Sublistatic. L’usine d’Hellemmes, près de Lille, délocalise et licencie ses 270 salariés.

A Sublistatic, les projets de reprise par un entrepreneur ou sous forme d’une Scop sont évoqués. Mais peu y croient. Le dernier espoir qu’ils ont, c’est de partir dignement, la tête haute.

C’est pourquoi Michelle Demessine et les élus communiste ont demandé que la loi organise de nouveaux pouvoirs en faveur des Comités d’Entreprise :
— Moratoire suspensif sur les licenciements,
— Droit d’information, de consultation et de veto sur toutes les opérations LBO.

LIENS —> Le blog des salariés en lutte de Sublistatic


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