Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

11 février 2007

QUEBECOR, les ravages du capitalisme

Après plusieurs semaines de luttes et d’interventions d’élus, les 229 salariés de l’usine QUEBECOR Hellemmes et les 40 intérimaires ont réussi à obtenir des garanties sur un projet de reprise et bénéficieront d’un plan social important. 102 salariés conserveront leur emploi. Les autres partiront avec une prime de 45 000 euros. Même si ces avancées sont importantes,

il est inacceptable de fermer une entreprise qui réalise des bénéfices. Le projet industriel de QUEBECOR, 2ème groupe mondial de l’imprimerie se réduit à une course effrénée au profit.

Quebecor-Hellemmes et Quebecor-Charleroi en Belgique ont été mis en concurrence. Et Charleroi a gagné. La participation de fonds publics pour la modernisation de l’entreprise aurait plaidé en faveur de la Belgique. Sur les 97 millions d’euros d’investissement, 20% seraient des aides publiques, dont des fonds européens.

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Michelle Demessine lors de la manif des Québécors
Décembre 2006

Les lois françaises et européennes doivent interdire ces pratiques scandaleuses. Si les contribuables français participent au budget de l’Europe, ce n’est pas pour financer des délocalisations ! Même si la lutte des QUEBECOR a permis d’obtenir des avancées sérieuses et un projet de reprise, rien n’empêche aujourd’hui d’autres groupes de délocaliser leur activité hors de la métropole lilloise et notamment en Belgique. Ayons enfin le courage de nous attaquer à la logique des actionnaires !

Voir le site des Québécors


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