Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

1er juillet 2010

Redémarrage de la raffinerie des Flandres : la justice ordonne ce que le gouvernement a été impuissant à faire

L’arrêt de la Cour d’appel de Douai qui ordonne le redémarrage de la raffinerie des Flandres est une formidable victoire pour ses salariés et une décision qui honore la justice.

820 emplois, autant de familles brisées et 25% de l’activité du port de Dunkerque sont en jeu avec la fermeture de la raffinerie des Flandres. Quand on sait que Total cumule des profits pharaoniques, 100 milliards de profits en 10 ans et ne connait pas la crise, 7,8 milliards d’euros de bénéfice en 2009 ; cela serait une manifestation ahurissante d’un capitalisme où seul importe la satisfaction des actionnaires.

Pourtant, le gouvernement en la personne de Christian Estrosi, le ministre de l’Industrie, s’est montré, jusqu’alors, impuissant face à une fermeture de la raffinerie des Flandres dont il s’est contenté de prendre acte. Face à cette désertion du pouvoir politique, c’est donc la justice qui exige le redémarrage de la raffinerie pour sanctionner Total d’avoir méprisé les syndicats. C’est une première et on peut espérer que cet arrêt fasse jurisprudence.

Les salariés de Total et de leurs syndicats ont tenu bon, leur lutte unie a été exemplaire. La vigilance et la méfiance reste de rigueur face à ce groupe pétrolier qui mettra tous les moyens en œuvre pour échapper à la fermeture de la raffinerie. Mais ce combat annoncé par beaucoup comme perdu d’avance continue et je veux affirmer tout mon soutien aux syndicats et aux salariés de la raffinerie.



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