Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

22 novembre 2013 - Economie

Pinault doit assumer ses responsabilités en donnant des certitudes sur l’avenir aux salariés de la Redoute

Ce jeudi, j’étais aux côtés des salariés de la Redoute lors de leur manifestation qui nous a menés jusque sous les fenêtres du siège social du groupe Kering, situé à Paris. Je soutiens depuis le début les 2500 salariés de l’entreprise dans leur mobilisation notamment celle du 7 novembre dernier à Lille qui a réuni 1200 personnes.

Leurs emplois sont pour l’instant à la merci de l’annonce d’un repreneur d’ici la fin du mois. On annonce 700 suppressions de postes dans l’immédiat, soit autant de drames humains, mais c’est la stratégie du groupe Kering et de son propriétaire François Henri Pinault qui indigne !

Voilà plusieurs années que le groupe Kering siphonne les richesses de La Redoute pour se recentrer vers les grandes marques de luxe comme Gucci ou Saint Laurent qui, elles, dans cette grave tourmente économique sont en plein essor.

Déjà les effectifs de La Redoute ont été saignés de 5000 à 2500 salariés en 5 ans et cette entreprise aurait vocation à devenir un « pure player » c’est-à-dire un site internet à l’instar de « ventesprivées.com » ou « amazon.com » qui n’emploierait pas plus de 500 salariés.

Pour cette terre historique de la vente à distance qu’est le Nord et les 6000 emplois induits que La Redoute représente, c’est un drame aussi important que la disparition de PSA à Sochaux !

Les inquiétudes sont d’autant plus grandes que Pinault n’en est pas à la première entreprise qu’il dépèce ou vend après la FNAC, Vert Baudet, Printemps au Conforama.

Pourtant, avec une fortune personnelle passée, depuis 2004, de 5,9 milliards d’euros à 11 milliards et un groupe Kering qui a réalisé 1,2 milliards d’euros de bénéfices en 2012, Pinault a les moyens de donner des certitudes pour l’avenir aux salariés sur leurs emplois et leurs revenus.

Pour l’heure, selon les syndicats, Pinault promet 300 à 400 millions d’euros aux futurs repreneurs pour financer un futur plan social d’envergure et ainsi sous-traiter la casse sociale pour ne pas écorner son image.

Devant un tel cynisme, la nécessité de mettre en place une loi d’interdiction des licenciements boursiers saute aux yeux comme nous le réclamons de longue date avec mes collègues du groupe Communiste Républicain et Citoyen au Sénat. Mais pour l’heure, les salariés se tournent vers Pinault pour qu’il assume les responsabilités qu’induisent la fortune faite sur leur dos !



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