Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

4 juillet 2016

Licenciements chez Movitex : courrier à Manuel Valls

Michelle Demessine, écrit à Monsieur Manuel Valls, Premier Ministre, pour l’alerter sur les 165 licenciements prévus chez Movitex, à Wasquehal. Ce plan de licenciement intervient 18 mois après le vente de l’usine par François Pinault et son groupe Kering.

Monsieur le Premier Ministre,

Je tiens à vous alerter sur le plan de licenciements en cours chez Movitex, à Wasquehal, dans le Nord.

Dans cette usine, l’arrêt de la marque Balsamik destinée à l’habillement des femmes de plus de 45 ans est sur le point d’entraîner avec lui 173 suppressions de postes et 165 licenciements sur un effectif de 320 salariés.

Pour ces salariés, en large majorité des femmes, qui ont donné plus de 30 ans de leur vie à leur entreprise et dont j’ai pu rencontrer les responsables syndicaux, c’est un véritable drame social qui se profile.

Ces salariés sont, avant tout, les victimes de la stratégie financière du groupe Kering qui s’est recentré sur l’industrie du luxe et a revendu Movitex, en janvier 2015, à la direction de l’entreprise sans lui donner les moyens de la réussite mais avec un discours enjôleur promettant aucun licenciement avant le 31 décembre 2017.

Ces salariés se sentent donc trahis par leur direction actuelle. D’autant que les conditions du dialogue social sont calamiteuses avec un Plan de Sauvegarde pour l’Emploi quasi vide financièrement et que l’on veut régler au pas de course en le clôturant d’ici le 25 août.

Mais, c’est la responsabilité de leur ancien actionnaire, le groupe Kering et son PDG François Pinault, qui interpelle.

Comment les salariés de Movitex pourraient-ils accepter que le groupe Kering ait financé un PSE convenable pour les salariés de la Redoute et qu’il se désengage totalement de leur sort ?

Cette différence de traitement et ce qui semble apparaitre désormais comment un sordide montage financier sur le dos des salariés est insupportable pour eux et pour une région comme la nôtre qui souffre d’un terrible processus de désindustrialisation.

Je vous demande donc, Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir intervenir pour proroger les délais du Plan de Sauvegarde de l’Emploi et pour appeler autour de la table le groupe Kering qui ne saurait se défaire plus longtemps de ses responsabilités.

Je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de ma très haute considération.

Michelle DEMESSINE Sénatrice du Nord



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