Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

5 février 2015

La Banque Centrale Européenne doit respecter le choix démocratique du peuple grec !

En suspendant la possibilité aux banques grecques de lui emprunter des liquidités en présentant comme garanties des titres de l’Etat grec, la Banque Centrale Européenne, au grand désappointement de ceux qui espéraient l’inverse, vient de montrer qu’elle demeure fidèle à l’orthodoxie monétariste en vigueur en Europe depuis le début du siècle.

Une orthodoxie dont nous connaissons l’efficacité économique et sociale : 28 millions de travailleurs de l’Union européenne privés d’emploi, des poches de pauvreté s’étendant dans tous les pays, et la stagflation, redoutable combinaison de stagnation économique et de déflation, menaçante.

Dans un monde qui bouge, en perpétuel renouvellement, la zone euro devient, peu à peu, « l’homme malade de la planète ».

La décision de la BCE, guidée par la chancelière fédérale allemande, est une déclaration de guerre au peuple grec, qui a rejeté les valets serviles des politiques d’austérité et aspire légitimement à un autre avenir.

Constatons d’ailleurs que, après cinq ans d’intervention conjointe de l’UE, du FMI et de la BCE en Grèce, il semble bien qu’aucune réponse durable n’ait été apportée aux maux du pays, notamment en matière de fraude fiscale ?

Mais qu’a donc fait pendant cinq ans la « troïka » ?

L’orthodoxie budgétaire appliquée pour l’heure par la BCE met en péril le devenir de la zone euro.

Le « défaut « de la Grèce, sa sortie de la zone euro seraient, in fine, une pire solution que celle qui consiste à accorder à la Grèce de nouvelles conditions de règlement de sa dette, que les Etats de la zone euro ont choisi de détenir, en commençant par éponger celle de nos banques engagées dans ce pays.

Chaque année, depuis 2010, les Grecs paient 200 euros d’intérêts bancaires par habitant pour la fameuse « aide européenne ».

En dix ans, sans avoir amorti le premier cent de cette « aide », les Grecs auront déjà versé 20 Mds d’euros d’intérêts !

Ils ne s’en portent pas mieux, comme le montre la situation du pays, et la France n’en est pas plus riche !

La France doit agir, au niveau européen, pour briser la dictature de l’orthodoxie monétaire imposée pour l’heure par la BCE !

Nous devons agir pour rendre la dette grecque perpétuelle, comme l’est, d’ailleurs, la dette publique française !



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