Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

28 janvier 2007

La parité une loi nécessaire mais pas suffisante, l’exemple su sénat.

Entretiens avec Michelle Demessine, Sénatrice du Nord, au sujet de la parité au sein des collèges électoraux.

De 1,7% en 1977, la part des femmes élues au Sénat est passée à 16,9% en 2004. Quel regard portez-vous sur cette évolution ? Michelle Demessine - C’est vrai que le Sénat a toujours été en retard dans ce domaine mais il faut tout de même convenir qu’il a aujourd’hui dépassé l’Assemblée Nationale. Néanmoins, il importe de s’intéresser à la cause de ce phénomène, qui vient essentiellement du caractère même du Sénat. En effet, le mode de scrutin au suffrage indirect favorise la discrimination. De plus, le Sénat est aussi le représentant de nombreux territoires ruraux qui accusent un retard encore plus important en terme de féminisation. Aujourd’hui, l’instauration du scrutin à la proportionnelle et la loi sur la parité ont tout de même réussi à débloquer un peu les choses.

Une délégation parlementaire aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes a été instituée dans chacune des assemblées par la loi du 12 juillet 1999. Comment analysez-vous les répercussions de cette structure sur le paysage politique français, et au Sénat en particulier ?

Michelle Demessine- Etant l’une des initiatrices de cette délégation, j’y suis très attachée et je pense qu’elle contribue à faire avancer les choses. A l’origine, c’était une mission pour les femmes mise en place suite à la demande du groupe Communiste. En tant que Sénatrice, j’avais à l’époque participé au Congrès des femmes organisé à Pékin en 1995. Outre une délégation gouvernementale importante, 600 femmes émanant d’ONG françaises étaient présentes. La question de la parité avait constitué le sujet marquant de cette manifestation. En effet, quel que soit le niveau de développement des pays, une volonté commune s’était exprimée pour dire que tant que nous serions absentes des instances politiques de décision, les droits des femmes auraient du mal à progresser durablement. C’est dans ce cadre là que l’idée d’une structure permettant d’être à la fois un instrument de promotion et de contrôle sur les droits des femmes mais aussi de lutter contre les discriminations avait été évoquée. A mon retour de Pékin, mon groupe politique à sollicité le président du Sénat pour la création d’une délégation spécifique. Le Sénat, dès 1996, à mis en place une mission préfigurant la délégation parlementaire d’aujourd’hui. Celle-ci à pu mettre en chantier tous les travaux spécifiques autour du droit et de l’égalité des femmes.

Au Parlement européen, les femmes occupent aujourd’hui 30% des sièges. Peut-on imaginer, un jour, parvenir dans nos institutions françaises à une réelle parité ?

Michelle Demessine- Je dois dire que si le parlement européen a une si bonne représentation des femmes en son sein, c’est en grande partie dû au scrutin proportionnel. A ce propos, nous sommes un peu inquiètes car la modification du scrutin, par région, met un peu en danger son efficacité. Nous avons pu constater, partout où la loi sur la parité est appliquée, un bond en avant manifeste. Néanmoins, il reste encore des bastions comme les Conseils généraux, qui fonctionnent avec un mode de scrutin qui induit la discrimination. Il en va de même au niveau des élections législatives puisque la décision revient aux seuls partis politiques qui peuvent faire le choix de la sanction financière. En ce qui concerne ma formation politique, le parti Communiste, qui propose le scrutin proportionnel à toutes les élections, les efforts de promotion des femmes aux postes électifs est une démarche très ancienne et notre groupe est à parité depuis très longtemps.




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