Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

26 octobre 2010

Retraites : les syndicats doivent être entendus et écoutés

Le 26 octobre, Michelle Demessine écrit aux responsables syndicaux du Nord pour dénoncer le piétinement du dialogue social par le Président de la République et son gouvernement dans la conduite de la réforme des retraites.

Madame, Monsieur,

Beaucoup d’entre vous m’ont interpellée sur la nécessité du dialogue social dans la conduite de la réforme des retraites alors que le Président de la République et son gouvernement restent sourds à toute revendication syndicale.

La soif de justice sociale exprimée par les français est méprisée et ignorée par un pouvoir arrogant qui campe sur ses injustes et inacceptables positions.

Des millions de salariés manifestent toutes les semaines et font, en cette période de crise économique majeure, des sacrifices pour leurs salaires dans l’espoir de préserver leur droit à une retraite décente. De nombreux jeunes sont venus grossir les rangs de la contestation pour exprimer leurs inquiétudes légitimes face à un avenir rendu incertain par le démantèlement de notre modèle social.

La liaison entre le mouvement social et la bataille parlementaire n’a jamais été aussi fructueuse. C’est la première fois que je vois une telle conjugaison, avec une telle intensité sur un grand enjeu de la démocratie sociale dans notre pays. Ce mouvement montre une grande prise de conscience de notre peuple dans toute sa diversité quelque soient les âges.

Avec mes collègues du groupe des sénateurs communistes et du Parti de Gauche, nous sommes portés par ce mouvement social.

Nous avons présenté et défendu près de 600 amendements qui visent à répondre aux enjeux occultés par le projet de réforme du gouvernement : les questions d’emploi notamment pour les jeunes et les seniors, celles des inégalités hommes-femmes, de la pénibilité, d’un financement durable d’une autre réforme des retraites qui taxent les revenus financiers et ne pèse pas sur le dos des salariés.

Nous nous sommes opposés avec la plus grande détermination aux reports à 62 de l’âge légal de départ à la retraite et à 67 ans de la retraite à taux plein qui pénalisent les salariés et notamment ceux ayant commencé à travailler jeunes, ceux ayant des carrières chaotiques et incomplètes, en particulier les femmes.

Avec les autres groupes parlementaires de gauche, le 20 octobre dernier, nous nous sommes fait le relais de la demande raisonnable et légitime des organisations syndicales de suspendre le débat au Sénat pour reprendre les négociations avec les syndicats et remettre en discussion une autre réforme des retraites.

Le gouvernement nous a opposé une fin de non recevoir. Il est resté sourd à notre message comme il l’est à celui des organisations syndicales, des salariés et de l’opinion publique qui soutient, à ce jour, à 71% le mouvement de protestation contre sa réforme des retraites.

Le Président de la République reste enfermé dans sa logique d’affrontement vis-à vis du mouvement social qu’il considère comme un obstacle qu’il faut braver.

Pourtant, on ne gouverne pas contre la volonté populaire !

Le mouvement social doit avoir un rôle dans la formation d’une alternative politique et pour l’heure le gouvernement doit retirer son projet de réforme des retraites pour ouvrir des nouvelles négociations avec les représentants syndicaux sur de nouvelles bases.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Michelle DEMESSINE, sénatrice du Nord



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