Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

30 mars 2005

pérenniser le régime des intermittents du spectacle

La crise de l’été 2003 a montré la solidité du lien entre la nation et ses artistes. Qu’il soit vivant ou enregistré, le spectacle contribue tout à la fois à l’accès à la culture, à la cohésion sociale et à l’animation de nos territoires.

C’est pourquoi, dans l’attente d’une loi d’orientation qui jettera les bases de l’emploi culturel, il importe de pérenniser les principes sur lesquels repose l’assurance-chômage des artistes et des techniciens qui le font vivre aujourd’hui.

En effet, comme l’ont montré les derniers rapports produits à la diligence du ministre de la Culture ou de l’Assemblée nationale et du Sénat, les difficultés rencontrées s’accumulent. Les effectifs augmentent plus vite que les ressources : aussi, la durée des contrats a été divisée par quatre, les revenus diminuent et la précarité s’étend, notamment chez les jeunes qui peinent à trouver leur place dans ce fragile équilibre. À la lumière de ces rapports le seuil de 507 heures annuelles correspond au volume d’heures professionnelles effectives.

L’accord du 26 juin 2003 n’a été en mesure ni d’enrayer les abus ni de protéger les plus vulnérables.

L’Etat a dû mettre en place un fonds provisoire, aujourd’hui prolongé en fonds transitoire jusqu’au 31 décembre 2005, et obtenir de l’UNEDIC un retour à la situation antérieure concernant les congés de maternité. Comme le ministre l’a affirmé le 17 décembre 2004, la nécessité de « conforter le régime de l’intermittence », dans l’immédiat, n’exclut pas la recherche d’un futur système plus ambitieux de garantie de l’emploi culturel.

Dans cette perspective, il appartient au législateur de préciser les bases d’un régime spécifique d’assurance-chômage dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle au sein de l’UNEDIC.

C’est l’objet de la présente proposition de loi qui fixe le cadre à l’intérieur duquel les modalités de l’indemnisation (conditions d’admission, calcul des droits) trouveront naturellement leur place. Ce dispositif vise à garantir l’égalité de traitement et devra inciter à la déclaration de toutes les heures travaillées, étant entendu que le montant global de la charge d’indemnisation des intermittents au titre de l’assurance-chômage reste inchangé pour les institutions gestionnaires.




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