Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

22 mai 2013 - Repos dominical

Contre l’offensive libérale, l’Assemblée nationale doit voter la proposition de loi adoptée en 2011 par le Sénat de gauche

Depuis quelques jours, certains voudraient inciter le Gouvernement à assouplir les règles actuellement en vigueur concernant le travail dominical ; des règles déjà particulièrement souples depuis l’adoption de la proposition de loi initiée par le député UMP Richard MALLIE et soutenue par le précédent gouvernement.

Cette loi, a notamment eu pour effet de contraindre les salariés dont l’entreprise est située dans une zone touristique – qui, par conséquent, ne sont pas volontaires - à travailler tous les dimanches, sans que la loi ne leur accorde de contreparties minimales.

Quant aux salariés des Périmètres d’Usage de Consommation Exceptionnel (PUCE), prétendument volontaires, ils ne peuvent bénéficier d’aucune rémunération complémentaire ni d’aucun repos compensateur supplémentaire, si l’accord d’entreprise ne le prévoit pas expressément.

Si certain-es salarié-es ont effectivement fait le choix de travailler le dimanche, on voit bien, lorsqu’on les interroge, que leur préoccupation première réside dans l’insuffisance de leurs revenus. Ils sont d’ailleurs nombreux, parmi ces salarié-es, à expliquer clairement qu’ils préfèreraient ne pas travailler le dimanche, s’ils bénéficiaient par ailleurs d’une augmentation notable des salaires.

Quant aux étudiant-es, qui sont parmi les plus nombreuses et nombreux à travailler le dimanche, chacun mesure que leur volontariat repose sur une contrainte : celle de concilier vie professionnelle et vie universitaire, principalement à cause de la faiblesse de leurs ressources et de l’importance de leurs dépenses contraintes, à commencer par le logement.

Aussi, face à cette offensive en faveur d’une dérégulation supplémentaire du droit du travail, qui ne manquera pas de peser sur les salariés, de nuire au droit fondamental de ces derniers à concilier vie privée et vie personnelle ainsi qu’à participer à la fragilisation du « vivre ensemble » qui souffre déjà grandement du manque de temps commun consacré à l’autre, aux loisirs, à la culture ou à l’engagement politique ou associatif, les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen invitent le gouvernement à inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale la proposition de loi n° 59, déposée par le groupe CRC du Sénat et adoptée par lui le 9 décembre 2011, grâce au vote de la gauche sénatoriale, parmi laquelle les sénatrices et sénateurs socialistes.



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