Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

16 octobre 2015

Air France : "Monsieur le Premier Ministre, comment pouvez-vous cautionner d’arrêter des salariés chez eux au petit matin ?"

Jeudi 15 octobre, lors des questions d’actualité au Sénat, Pierre Laurent, sénateur de Paris et secrétaire national du PCF, interpelle fortement Monsieur Manuel Valls, Premier Ministre, sur le conflit social à Air France et les 2900 suppressions d’emplois prévues.

Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Mes chers collègues,

Depuis l’annonce du plan de 2 900 suppressions d’emplois chez Air France, vous prétendez n’avoir qu’un seul cap : le dialogue social. Mais où est ce dialogue ?

Comment pouvez-vous cautionner le fait d’aller arrêter des salariés chez eux au petit matin devant leurs familles, en l’absence de tout risque qu’ils se soustraient à une convocation ? L’argument invoqué par le Parquet de Bobigny d’un prétendu risque de concertation entre les intéressés n’est pas plus recevable, s’agissant de poursuites que l’on prétend mener sur la base d’images télévisuelles.

Pourquoi avoir vous-même condamné par avance ces salariés en appelant à des sanctions pénales sans que soit établie leur culpabilité ? Êtes-vous prêts aujourd’hui, pour apaiser la tension, à appeler à la levée de ces poursuites disproportionnées, au risque sinon de transformer le procès du 2 décembre et la menace de prison qui plane sur la tête de ces salariés en un outrage ressenti par des milliers de syndicalistes et de salariés inquiets pour leur emploi, comme a pu le constater le président de la République à Saint-Nazaire ?

Pour rouvrir une discussion, avec toutes les options sur la table, êtes-vous favorable à la proposition de l’intersyndicale d’une table ronde tripartite direction-syndicats-Etat ?

Que pense par exemple l’État actionnaire du triplement du ratio d’endettement de la compagnie entre 2011 et 2013 consécutif au rachat de KLM ? Combien de revenus financiers les banques créancières d’Air France, BNP-Paribas et la Société générale notamment, ont elles tiré de cette flambée de la dette ?

Estimez-vous normal de continuer à verser en 2015 et 2016 le CICE à Air France alors que 2 900 suppressions d’emplois sont annoncées et que la compagnie a déjà touché 109 millions de CICE pour 2013 et 2014 ?

Enfin, pouvez-vous nous expliquer pourquoi votre gouvernement a levé récemment le moratoire qui bloquait la cession de lignes aériennes long courrier aux compagnies du Golfe alors que ces compagnies s’apprêtent à racheter une partie des 5 lignes long courrier que le plan d’Air Fra



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