Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

22 janvier 2008

Une loi pour ne pas perdre sa santé au travail

Ce n’est pas sans émotion, elle le sait et elle l’a dit, que Michelle Demessine a présenter au Sénat la proposition de loi communiste intitulée pour “ améliorer la santé au travail des salariés et prévenir les risques professionnels auxquels ils sont exposés ”.

Lorsqu’elle est monter à la tribune, la sénatrice du Nord a eu, en effet, la gorge serrée en pensant aux marches des veuves dunkerquoises des victimes de l’amiante, aux salariés d’Alstom de Lys-Lez-Lannoy, d’Éternit, des chantiers navals, de l’industrie automobile, qui malgré leur maladie, leurs angoisses, leur souffrance poursuivent un difficile combat pour la re-connaissance, la prévention et la réparation des maladies professionnelles.

Michelle Demessine aura en tête aussi les 400 hommes et femmes qui, sous la pression des conditions de travail, se sont donnés la mort dans leur entreprise. “ 400 vies définitivement brisées, 400 familles anéanties ” comme dit l’élue nordiste, “ parce les limites de la pénibilité dans ses nouvelles formes ont dépassé l’acceptable et que le sens de la vie s’est vidé de toute perspective ”. En tête encore les travailleurs précaires, les femmes contraintes au temps partiel subi, les intérimaires et salariés de la sous-traitance exclus des procédures de prévention des risques professionnels, sans oublier les 25.000 salariés atteints d’un cancer professionnel et qui subissent l’indignité de l’oubli. C’est tout ce monde qui, finalement, montera à la tribune du Sénat mardi 22 janvier. Car la proposition de loi communiste ne sort pas d’un laboratoire. Elle résulte de mois, voire d’années de luttes, de rencontres, de réflexions communes entre élus et salariés, associations et syndicats. C’est ce qui en fait un document exceptionnel et extrêmement complet.

"La dégradation des conditions de travail s’observe au quotidien et le scandale de l’amiante en est un révélateur inacceptable"



Amiante

Un document exceptionnel co-élaboré avec les associations et les syndicats

Pour sa part, Michelle Demessine a beaucoup travaillé, ces dernières années, avec les victimes de l’amiante dont elle a constamment relayé le combat au plus haut niveau. Si les précautions nécessaires avaient été prises, les 100 000 morts de l’amiante prévus à l’horizon 2015 auraient été évités. La proposition de loi que la sénatrice du Nord s’apprête à présenter, également signée par Ivan Renar, Jean-Claude Danglot ou Robert Hue, est destinée à éviter qu’une telle faillite du système de santé au travail se reproduise un jour. Car, il n’y a pas que l’amiante.

La réalité en France aujourd’hui est que la soumission des entreprises à la logique de financiarisation extrême de l’économie libérale développe des conséquences de plus en plus négatives sur la santé des salariés. L’explosion des troubles musculo squelettiques, les problèmes de dépression liés aux méthodes de gestion du personnel, l’inquiétante et insupportable augmentation des suicides au travail, le nombre vertigineux des cancers professionnels en témoignent chaque jour.

Certes, fidèles à l’idéologie patronale, les sénateurs UMP ou du Nouveau centre s’emploieront évidemment à combattre les propositions contenues dans le projet de loi des communistes. Pourtant, si travailler engendrait moins de problèmes de santé, peut-être cela éviterait-il des dépenses inutiles à la sécurité sociale ? Plutôt que de faire payer des franchises médicales aux malades ou dérembourser les médicaments…



Amiante
L’Amiante, c’est 3000 mort par ans !

53 ARTICLES DE LOI

La proposition de loi communiste pour la santé au travail développe, au travers de ses 53 articles, un programme d’actions qui visent principalement à :

— Placer la prévention de tous les risques professionnels comme priorité absolue dans les politiques relatives au Travail afin que les entreprises deviennent des lieux où prévention et sécurité soient au centre de l’organisation du travail.
— Redonner à ceux qui par leur travail financent la Branche Accidents du Travail Maladies Professionnelles, la capacité de gouverner la branche afin que cette institution puisse jouer à plein son rôle d’incitation à la protection de la santé, à la sécurité à la réparation et au retour à l’emploi des victimes. Et par ailleurs renforcer le contrôle social sur l’organisation du travail par le développement des CHSCT sur l’ensemble du territoire.

— Réformer profondément les services de médecine et de santé au travail en leur donnant un statut autonome vis-à-vis de l’employeur et surtout les moyens appropriés scientifiques, humains et financiers pour que ce pilier de la santé au travail puisse tenir pleinement son rôle de préservation de la santé des salariés.

— Inscrire résolument dans le code de la sécurité sociale le principe de réparation intégrale de tous les préjudices subis par les victimes d’accident ou de maladie professionnelle.


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proposition de loi :
Améliorer la santé au travail et prévenir les risques professionnels

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Extraits des débats
séance du 22 janvier2008

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Dossier Santé

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