Michelle Demessine

Sénatrice du Nord

10 juillet 2017

Reconnaissance des droits des travailleurs exposés à l’amiante et aux substances cancérogènes : l’hécatombe judiciaire !

Après un jugement favorable du Conseil des Prud’hommes de Forbach, la Cour d’Appel de Metz vient de débouter 755 anciens mineurs des Houillères du bassin de Lorraine de Freyming-Merlebach (Moselle) de leur demande de reconnaissance du préjudice d’anxiété du fait de leur exposition à de multiples substances toxiques.

Pour ces « gueules noires » qui voient leurs anciens camarades tomber les uns après les autres, c’est un terrible coup dur et une incompréhensible décision.

Deux semaines après que le parquet de Paris ait requis la fin des investigations dans le procès pénal de l’amiante, je veux exprimer ma profonde inquiétude face à cette hécatombe judiciaire qui marque un recul préoccupant.

Dans un rapport d’information de 2005, une mission sénatoriale, à laquelle j’ai activement participé, dévoilait au grand jour, l’ampleur du drame de l’amiante qui pourrait prendre la vie à 100 000 personnes, dans notre pays, d’ici 2025. Elle montrait le chemin pour reconnaître pleinement les droits de victimes de l’amiante dont les grandes puissances industrielles ne cessent de vouloir orchestrer le déni et l’oubli.

Avec les syndicats et les associations, nous nous battrons, coûte que coûte, pour la pleine et entière reconnaissance des victimes et l’émergence du procès pénal de ceux qui ont construit des fortunes sur le dos de salariés morts pour gagner leur vie.



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